Edward Scissorhands

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Les noms de Tim Burton et de Johnny Depp ne nous sont plus inconnus aujourd’hui. Depp a fait sa réputation avec ses légendaires performances telle que celle du Capitaine Jack Sparrow dans Pirates of the Caribbean et Burton est connu pour avoir réalisé plusieurs films tels que Dark Shadows, Alice in Wonderland ou encore Charlie and the Chocolate Factory en 2005, remake d’un film de 1971. Depp et Burton ont travaillé ensemble plusieurs fois, mais c’est en 1990 que survient leur première collaboration avec Edward Scissorhands.

Peg (Dianne Wiest) est représentante Avon et fait du porte à porte pour tenter de vendre ses produits. Pour ne pas revenir bredouille, elle décide de tenter sa chance et aller voir les habitants du gros château qui surplombe la ville. Elle y trouve Edward (Depp), un jeune homme artificiel qui a des ciseaux à la place des mains. Edward est en fait une invention du propriétaire du château (Vincent Price) qui est mort avant d’avoir pu lui donner des mains. Peg ramène donc Edward avec elle et il s’installe dans sa famille tout en faisant la rencontre du voisinage. Il devient ainsi une sorte d’objet fascinateur pour les voisins et commence à tailler les haies ainsi que de faire des toilettages aux chiens et des coupes de cheveux aux dames. Au travers de toutes ses nouvelles rencontres, Edward développe des sentiments pour la fille de Peg, Kim (Winona Ryder), au grand désarroi de son petit-ami Jim (Anthony Michael Hall) qui tentera donc de faire de lui la risée du voisinage…

D’entrée de jeu, les costumes et les décors d’Edward Scissorhands sont très bien faits. On joue beaucoup sur le contraste. Vous remarquerez par exemple que les maisons sont toutes colorées et que les femmes qui y habitent sont toutes dotées de fortes personnalités alors que le château où vit d’Edward semble tout droit sorti de Dracula. Cela se voit aussi dans la personnalité d’Edward qui est de peu de mots et très réservé contrairement aux membres du voisinage. Bien qu’on ne sache pas quand se déroule l’histoire, l’intérieur des maisons nous transporte dans les décennies 1950-1960. Vous reconnaitrez des éléments typiques de ces années tels que les grosses télévisions et les nombreux tapis. Au niveau des costumes, celui d’Edward est très impressionnant surtout en ce qui a trait aux ciseaux. Edward est souvent habillé de noir ou de blanc alors que les autres personnages ont des vêtements assez colorés. Il sort aussi du lot en raison de son maquillage particulièrement bien fait, qui rend Depp est presque méconnaissable sous celui-ci. D’ailleurs, le film a remporté l’Oscar du meilleur maquillage lors de la cérémonie de 1991.

On retient aussi assurément la brillante performance que livre Johnny Depp. S’il ne prononce que 169 mots dans le film, on sent toute l’émotion de son personnage à travers son regard et de ses expressions faciales. Il a par ailleurs admis qu’il avait regardé beaucoup de films de Charlie Chaplin afin de se préparer à son rôle. Peu importe sa préparation, son interprétation est particulièrement réussie et touchante. Il arrive très bien à démontrer l’amour qu’il éprouve envers sa famille d’adoption et Kim spécifiquement, et on arrive à sentir le malaise qu’il éprouve lorsque Joyce (Kathy Baker), une voisine, tente de le séduire. Cette interprétation lui a d’ailleurs valu une nomination pour le meilleur acteur dans un film musical ou comédie aux Golden Globes et c’est probablement une de ses meilleures performances à ce jour! Dianne Wiest (Hannah and Her Sisters, Bullets Over Broadway) est tout aussi excellente en mère de famille et représentante Avon. Son personnage, très chaleureux, n’hésite pas une seconde à apporter du soutien à Edward et le défendra face aux voisins curieux. Son côté de représentante amène quelques scènes comiques au film, notamment lorsqu’elle tente de cacher les cicatrices d’Edward en utilisant ses produits. Winona Ryder (Beetlejuice, Little Women) offre une performance correcte et Anthony Michael Hall semble parfait dans le rôle du méchant garçon, le détachant certainement du rôle du surdoué ayant propulsé sa carrière dans The Breakfast Club.

Burton l’a répété plusieurs fois, ce film est en un mettant de l’avant des thèmes tels que l’exclusion et la découverte de soi. Ce sont là des choses auxquelles Edward fera face tout au long du scénario. Plusieurs comparent le récit à un conte de fées. Par exemple, Peg peut être considéré comme la fée marraine d’Edward qui l’aide à trouver sa place et Kim comme la princesse que le héros tente de conquérir. Le film présente d’ailleurs plusieurs éléments d’un conte dans sa structure, notamment la présence d’un prologue et un épilogue, mais force est de constater qu’il s’agit d’un conte bien différent de ceux du monde des princes et princesses.

Edward Scissorhands est à mon avis le film qui a permis de faire découvrir Johnny Depp au public (A Nightmare on Elm Street en 1984 est son premier rôle au cinéma) et qui a associé Tim Burton au mouvement gothique, une influence que l’on retrouvera dans plusieurs autres de ses longs métrages. Le film, par ailleurs, a eu plusieurs influences dans d’autres formes artistiques. Une adaptation du film en une danse contemporaine a vu le jour en 2005 et a fait le tour du monde. En 2010, une pièce de théâtre a été créée se basant sur l’histoire et finalement une proposition de suite au récit est parue en 2015 sous forme de bande dessinée. Grand succès cinématographique des années 1990, il mérite certainement d’être vu autant par les plus jeunes que les plus vieux.

Fait partie des 1001 films à voir avant de mourir.

2 commentaires

  1. […] Edward Scissorhands (1990) de Tim Burton […]

  2. […] Burton, par un concours de circonstances, fait trois films de Noël en trois ans. Après Edward Scissorhands et Batman Returns, voilà qu’il produit son film fétiche, celui qu’il tente de réaliser […]

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