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Nombreux sont les films qui m’ont marquée à l’enfance et desquels je garde un souvenir teinté de mon regard de la fin des années 1990 ou début des années 2000. Les visionner de nouveau, parfois près de 20 ans plus tard, me fera poser un nouveau regard plus critique sur eux. En grandissant avec Home Alone, Hook et 3 Ninjas, les films que j’ai regardés où les héros étaient féminins ont été plutôt rares, exception faite de Matilda, une petite très intelligente qui m’inspirait une envie de lire tout ce qui me tombait sous la main à la bibliothèque et de porter des rubans dans mes cheveux. En 1998, Strike! s’est ajouté à ce catalogue des films formateurs de mon enfance. J’étais bien jeune quand je l’ai vu pour la première fois, probablement parce que ma sœur, de quatre ans mon aînée, le regardait à la maison. Quoi qu’il en soit, je gardais d’excellents souvenirs de ce film jusqu’à mon plus récent visionnement, et mes impressions n’ont toujours pas changé.

En 1963, Odette Sinclair (Gaby Hoffmann) est conduite par ses parents à l’école Miss Godard pour jeunes filles lorsqu’ils découvrent les plans qu’elle avait faits avec son copain Dennis de perdre leur virginité. Elle rencontre rapidement les DAR, les Daughters of the American Ravioli (Grandes Amatrices de Ravioli en français) jeu de mot évident sur les Daughters of the American Revolution (merci Gilmore Girls!) Verena Von Stefan (Kirsten Dunst), Tinka Parker (Monica Keena), Tweety (Heather Matarazzo) et Momo (Merritt Wever), ainsi que la préfète Abby Sawyer (Rachel Leigh Cook) qui l’accueille au pensionnat. L’année où Odette arrive à Miss Godard, les finances de l’institution vont mal et la solution douloureuse qui pourrait sauver l’école serait alors de fusionner avec l’académie pour garçons Saint-Ambroise, décision prise par le conseil d’administration qui ne plaira assurément pas à toutes les DAR. À cela s’ajoutent une bande de garçons dont le leader (Vincent Kartheiser) est amoureux de Tinka et qui les suivra dans leurs aventures, l’envie toujours présente d’Odette et Dennis de se retrouver, et en parallèle les plans des filles pour faire renvoyer leur professeur M. Dewey pour inconduites sexuelles.

Strike! est un film qui vieillit bien. Sa trame de fond d’égalité des sexes est toujours actuelle, abordant même au passage le harcèlement psychologique et sexuel, mais avec des héroïnes qui ne sont jamais des victimes et sont toutes fortes à leur façon. Alors que Verena ne veut pas finir sa vie casée avec un mari, deux enfants et un chien, Odette a un intérêt marqué envers la politique et deviendra la voix des filles de l’école lors de la guerre contre le conseil d’administration. Tinka a une riche expérience avec les garçons et on la présente simplement comme une femme qui sait ce qu’elle veut (et qui n’aura pas peur de tenir tête à ses amies lors d’un important désaccord). Momo est un génie de la science qui aspire au MIT et ne veut pas voir ses chances réduites à néant si l’école fusionne. Même Abby, la fille que l’on aimera détester, évoluera jusqu’à tenir tête à ses parents, tous deux sur le conseil d’administration et en faveur de la fusion.

Si les thématiques et personnages sont crédibles et bien ficelés (le jeu des jeunes actrices est aussi à point, surtout pour Dunst), l’environnement dans lequel le tout prend place est lui aussi bien réussi. Les coiffures et les robes nous ramènent tout droit en 1960, tout comme la musique et les distributrices de Coca-Cola. On apprécie également le style « fausse histoire vraie », avec les lignes de texte pour chacune des filles qui expliquent ce qu’elles sont devenues par la suite.

La seule chose qui manque à Strike! est le punch. L’histoire demeure sans grande surprise, le tout est assez linéaire, et les événements qui y sont présentés sont trop peu nombreux. Même si l’ensemble est satisfaisant, il aurait bénéficié de davantage de revirements de situations. Mais c’est là qu’on se rappelle qu’on regarde, après tout, un film manichéen dont l’objectif principal est de présenter la force des filles, et pour ça, on est servi!

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