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Deux ans après le premier volet, voilà qu’on nous propose une nouvelle aventure de Kevin (Macaulay Culkin), à New York cette fois. Véritable copié-collé de l’original, tant au niveau des personnages que des situations, ce deuxième essai réussit sur quelques plans, et pourra nous laisser sur notre faim sur d’autres.

Cette année, les McCallister vont en Floride pour Noël. Kevin, toujours en punition au grenier après que son frère lui a joué un autre tour pendant qu’il chantait dans la chorale de Noël, est bel et bien présent lorsque la famille se réveille encore une fois en sursaut le matin du départ. Au milieu de l’agitation qui les mène à l’aéroport, c’est en remplaçant les batteries de son enregistreur vocal que Kevin perd sa famille et suit le mauvais homme vers la porte d’un autre vol, pensant qu’il s’agit en fait de son père. Au lieu de se rendre à Miami avec les autres, Kevin se retrouvera plutôt à New York, où il procédera à la réservation d’une suite dans un grand hôtel de rêve dont il avait vu des publicités à la télé. Entre les employés de l’hôtel qui suspectent une activité louche dans sa chambre, et le duo de bandits (toujours Daniel Stern et Joe Pesci) qui s’est échappé et se retrouve à New York, Kevin devra encore une fois user de son imagination afin d’assurer sa sécurité.

Home Alone 2 ne nous apprend rien. La prémisse est encore aussi improbable que la première fois, et pour ceux qui sont habitués de prendre l’avion, il pourra être agaçant de voir comment la sécurité et l’embarquement ont l’air de fonctionner dans les deux films. Dans les faits, il serait plutôt surprenant que les agents d’une compagnie aérienne soient si pressés de fermer l’avion qu’on laisse un passager embarquer sans regarder les cartes d’embarquement qui jonchent le sol parce que c’est une tâche trop lourde et complexe. Il serait tout aussi étrange qu’un enfant puisse voir un homme de dos et affirmer que celui-ci est son père sans que l’agente le suive pour s’en assurer. Si on passe par-dessus le fait qu’elle lui dise ensuite de seulement trouver un siège libre, on ne peut pas vraiment pardonner que les employés des aéroports laissent Kevin déambuler seul sans chercher à savoir s’il a besoin d’aide ou perdu sa famille, par exemple. À cet effet, en apprenant qu’il est à New York, si Kevin avait dit à l’agente qu’il aurait dû être à Miami, un simple coup de fil entre les deux aéroport aurait permis de régler la situation nettement plus rapidement.

Cela dit, le film date d’avant le 11 septembre 2001, soit avant que plusieurs mesures ne changent aux États-Unis, et surtout dans les aéroports. Je n’ai malheureusement pas vécu de vol avant cette date fatidique et je ne pourrais pas savoir si ce simple fait excuse toutes les incohérences dans la représentation des procédures. Au-delà des vols, toutefois, la réservation de Kevin à l’hôtel, l’utilisation de la carte de crédit de son père et ses tentatives d’échapper aux employés qui essaient de voir clair dans la situation sont tout aussi absurdes et n’ont rien à voir avec le 11 septembre.

Mais ça ne signifie pas que le film soit mauvais pour autant. En effet, alors que dans le premier Kevin était à la maison et pouvait profiter de celle-ci, on nous emmène maintenant d’abord dans une suite de luxe d’un hôtel new yorkais, et ensuite dans la Grosse Pomme, avec ses patinoires, son parc et son sapin géant du Rockefeller Center. Si on aimait pouvoir manger ce qu’on veut à l’heure qu’on le désire, il sera encore plus intéressant de monter à bord d’une limousine et d’y manger de la pizza au fromage en buvant du Coca-Cola dans une coupe de champagne. On salue au passage le rappel comique du faux film créé pour l’occasion Angels With Even Dirtier Souls (Angels With Dirty Souls dans le premier), qui aidera encore une fois Kevin à échapper à ceux qui le pourchassent en mettant les dialogues sur pause, notamment.

Dans sa construction, le film est un véritable copié-collé du précédent. Le gentil voisin effrayant est remplacé cette fois par une dame étrange qui partage son logis avec des oiseaux. Kevin en aura d’abord peur, et ils deviendront amis jusqu’au moment où celle-ci le sauvera des bandits. De leur côté, les deux hommes sont toujours aussi déterminés à faire payer le garçon pour ce qu’il leur a fait subir l’année dernière. Kevin sera pris au piège à quelques reprises mais s’en sortira encore une fois avec beaucoup d’ingéniosité. Les coups, encore semblables, feront sourire les enfants mais certains pourraient trouver que la violence gratuite qui s’en dégage rappelle un peu trop les dessins animés où les personnages n’ont jamais mal malgré ce qu’ils vivent. Considérant que nous ne regardons pas un dessin animé, ça pourra titiller quelques spectateurs.

Home Alone 2 : Lost in New York est toujours aussi magique que le précédent. Si vous avez aimé le premier, le second vous plaira tout autant. Malgré l’impossibilité de plusieurs des situations qu’il présente, les enfants y trouveront leur compte et les parents pourront revisiter leurs souvenirs d’enfance du temps où ils le visionnaient en pyjama dans les vacances de Noël.

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