Eurovision Song Contest: The Story of Fire Saga

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Au même titre que la majorité des films mettant en vedette Adam Sandler, ceux dont Will Ferrell est l’acteur principal sont plus souvent qu’autrement des comédies particulièrement ridicules, auxquelles on adhère automatiquement ou qu’on déteste tout aussi rapidement. D’entrée de jeu, il conviendrait de mentionner que je ne suis assurément pas une spectatrice comblée par les films de l’acteur, le dernier que j’ai apprécié étant Elf en 2003. Il semblerait que ses multiples projets des dernières années soient toujours moins convaincants auprès des critiques et même du public, et que l’acteur prend plaisir à participer en étant pleinement conscient de ce qui l’attend, la plupart du temps avec son partenaire habituel John C. Reilly. Nommé à l’Oscar de la meilleure chanson originale, Eurovision Song Contest: The Story of Fire Saga propose à la fois une comédie exagérée du genre qu’on peut s’attendre et une atmosphère musicale européenne électronique particulièrement charmante.

Lars Erickssong (Ferrell) et Sigrit Ericksdóttir (Rachel McAdams) sont des amis d’enfance qui entretiennent une passion commune pour le chant depuis qu’ils ont entendu ABBA performer (et gagner) à l’Eurovision en 1974 avec Waterloo. Depuis ce moment déterminant, les amis, qui sont peut-être aussi frère et sœur (le film ne répond jamais à cette question!), ont formé un groupe, Fire Saga, et n’ont jamais perdu de vue leur objectif de remporter les grands honneurs à la compétition européenne. Lorsque tous les prétendants à la représentation de l’Islande au concours périssent mystérieusement dans un accident de bateau, le comité de sélection n’a d’autre choix que de les y envoyer, pour le plus grand bonheur de Victor Karlosson (Mikael Persbrandt) qui souhaite que l’Islande ne gagne pas, parce que les finances du pays sont en déroute et il serait très coûteux de recevoir la compétition l’année suivante, comme le veut la tradition.

Il est difficile d’identifier le public ciblé par Eurovision. Les amateurs de comédies mettant en vedette Will Ferrell apprécieront sans aucun doute l’humour grivois et les situations abracadabrantes présentées dans le récit, mais pourront déchanter (le jeu de mot était trop tentant!) quand le film verse dans la compétition musicale à la Pitch Perfect. Étant à mi-chemin entre les deux genres, on a donc droit à autant de scènes de chant, notamment un étrange mais agréable song-along sur les airs de BelieveWaterloo et I Gotta Feeling pendant une fête entre les participants, que de moments ridicules comme lorsque le fantôme de la chanteuse qui aurait dû représenter l’Islande (Demi Lovato) tente d’avertir Lars que l’accident sur le bateau n’était pas naturel.

Le film commence en puissance cependant quand on nous présente le vidéoclip de Fire Saga « Volcano Man », et qu’on voit les deux acteurs danser dans la neige avec du maquillage argenté qui nous ramènera à l’année 2001 en moins de deux. Comme il fallait s’y attendre, le rythme ne peut pas être soutenu tout du long, et le récit alternera donc entre les scènes parodiques et plus sérieuses, ne versant jamais dans le gros drame ni la grande tension, ce qu’on pourra apprécier, car même le moment charnière inévitable de l’histoire ne sera pas particulièrement lourd.

Eurovision est donc ce film léger qui fera assurément rire par moments, et dont les chansons sont surprenamment bonnes. Le côté électronique des airs présentés aura lui aussi sa part de charme, tout comme les costumes colorés et l’environnement dans lequel le tout prend place. On aimera le fait de placer l’Islande au centre de cette histoire, entre les accents comiques des acteurs principaux et la mythologie nordique qui nous est présentée. On aimera encore davantage les autres participants qui semblent être le prétexte idéal à séparer notre groupe préféré. Puis, lorsque Fire Saga performe au concours, on comprendra pourquoi le film a obtenu une nomination aux Oscars. Même si Rachel McAdams ne chante pas vraiment, l’air de ‘Húsavik’, de même que la voix de l’interprète Molly Sandén, combinés à la signification de la chanson dans la trame narrative du récit, nous feront énormément plaisir. Au final, on ressortira du visionnement en ayant passé un bon moment, et en chantant la maintenant iconique ‘Jaja Ding Dong’ haut et fort dans notre salon.

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