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J’ai toujours été fascinée par les films et séries se concentrant sur le chant. Malgré tous ses défauts (et les multiples scandales et drames entourant sa distribution), Glee présente plus souvent qu’autrement des covers qui me donnent des frissons, même si l’avancement de l’histoire des personnages au secondaire ne m’a jamais vraiment intéressée. Puis j’ai découvert Pentatonix, un groupe qui a fait sa réputation dans les reprises sans aucun accompagnement musical, et dont les voix des membres sont en parfaite harmonie peu importe la chanson. C’est donc sans surprise que Pitch Perfect m’a rapidement fait bonne impression, et que j’ai toujours beaucoup de plaisir à replonger dans la bande originale de temps à autre.

À son arrivée à l’université, Beca (Anna Kendrick), une aspirante productrice de musique, rejoint les Barden Bellas, groupe a cappella exclusivement féminin en guerre musicale avec les Treblemakers, leur pendant masculin. Dans l’espoir d’enfin gagner une compétition nationale, les Bellas se soumettront à un entraînement exigeant, entre harmonies, cardio et chorégraphies. Les filles constatent rapidement qu’elles n’ont aucune chance contre leurs compétiteurs, qui se réinventent à chaque spectacle et remportent souvent les grands honneurs. Beca se met donc en tête de changer la donne, mais se bute à la rigidité d’Aubrey (Anna Camp), qui ne semble pas vouloir s’écarter de la tradition.

Pitch Perfect est construit comme tous les autres films du genre. Le groupe, au départ en manque de synchronicité, évoluera en étant d’abord réticent aux idées de la nouvelle venue, jusqu’à ce que tout change lors d’une scène où, magiquement, toutes chanteront en harmonie en suivant l’initiative du personnage principal. Dès lors, il sera toujours plus excitant de découvrir les nouvelles chansons des Bellas. Ajoutons à cela le leitmotiv des filles qui tentent, à chaque événement important, de chanter leur cri de ralliement, sans succès, jusqu’à ce que, finalement, tout soit parfait.

Malgré tout, il y a dans ce film quelque chose de totalement enlevant, pour autant qu’on aime le chant (!) Les groupes présentés dans Pitch Perfect sont tous différents. Si les filles demeurent plutôt traditionnelles dans leurs performances, les gars, menés par Bumper (Adam Devine, parfait dans son rôle), n’hésiteront pas à faire leurs mélodies eux-mêmes avec du beatbox. On sait d’avance que les autres groupes (dont on se préoccupe moins, il faut l’avouer), ne gagneront jamais les compétitions, mais leur énergie et leurs reprises seront tout aussi attachantes, et juste assez impressionnantes pour offrir un peu de résistance aux groupes qui nous intéressent.

On se retrouve donc devant un scénario prévisible à souhait, mais dont chacun des éléments sera charmant à sa façon. Comme Glee l’a fait avant, on se retrouve ici dans un monde bien établi, duquel on a aucune idée de toutes les ramifications au départ, et qui nous entraîne rapidement et efficacement dans tout ce qu’il signifie, à commencer par l’audition simultanée sur « Since You’ve Been Gone ». Il y a quelque chose de presque insidieux dans l’univers de Pitch Perfect, peut-être davantage ici que dans les scénarios plus enfantins de tous les essais de Disney (HSM, Hannah Montana, etc.). Et si on aurait pu se passer de l’intrigue amoureuse qui se développe par défaut entre Beca et le nouveau membre des Treblemakers, Jesse (Skylar Astin), on adhèrera grandement à tous les personnages et aux performances.

Après avoir connu Anna Kendrick en tant que la timide Jessica de Twilight, c’est bien Pitch Perfect qui l’aura fait connaître du grand public. Kendrick possède un grand charisme, que ce soit en tant que punkette au départ ou comme leader du groupe à la fin. Pour l’accompagner, on a fait confiance à Brittany Snow, qui est parfaite ici en cette fille pleine de vie et d’assurance. À elles se joignent évidemment Rebel Wilson, toujours fidèle à elle-même, et Adam Devine, son équivalent masculin, avec lequel il n’y a pas de milieu entre l’adorer et le détester, et qui sied totalement à son personnage. Saluons aussi les performances éclatées d’Elizabeth Banks et John Michael Higgins en tant que commentateurs des compétitions qui suivront les filles partout.

Il ne faut pas s’attendre à un grand film de Pitch Perfect, mais dans le genre auquel il appartient, il est définitivement l’un des meilleurs. On sait très bien que les arrangements musicaux ne viennent pas des groupes mais bien de gens ayant travaillé sur le film, et comme c’était le cas dans Glee, on peut féliciter les artistes ayant rendu possibles les mash-ups présentés, tous plus énergiques et inventifs les uns que les autres. Cependant, là où la série présente des adolescents au secondaire à vivre leurs premières fois et se veut plus une espèce de Degrassi chanté, le film nous amène à l’université, dans une ambiance nettement plus positive, et à laquelle il est à mon avis plus facile d’adhérer. Le premier volet de la trilogie, qui se conclut sur la victoire des Bellas, est totalement ouvert à une suite. Même si, d’un point de vue scénaristique, on peut s’attendre à des événements similaires, la seule idée d’entendre de nouvelles chansons et de voir de nouvelles chorégraphies est suffisante pour nous faire avoir (très) hâte au prochain.

Fait partie du top 100 de Jade (#60).

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