Trading Places

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Les deux frères Randolph et Mortimer Duke (Ralph Bellamy et Don Ameche), qui possèdent une importante maison d’affaires, engagent un pari sur une théorie voulant que l’hérédité ait plus d’importance que le contexte social dans le comportement humain. Pour éprouver les dires contradictoires de chacun, ils font en sorte que leur employé modèle, Louis Winthorpe (Dan Aykroyd), élevé dans un milieu huppé et issu d’une université prestigieuse, perde son emploi, son honneur, ses amis et sa fiancée. Puis ils le remplacent dans ses fonctions par un jeune itinérant Noir, Billy Ray Valentine (Eddie Murphy). Valentine découvre la manœuvre et fait alliance avec Winthorpe pour infliger aux deux Duke une leçon méritée.

Trading Places joue sur le retournement de rôle bien connu au cinéma (Freaky FridayFace/Off) et très similaire à la prémisse de Le prince et le pauvre de Mark Twain. Pourtant, cette fois plus que d’autres, ce retournement est très bien justifié, et amène une réflexion plus profonde qu’elle n’y paraît. Sommes-nous le produit de notre milieu? Pouvons-nous intégrer une différente classe sociale que celle à laquelle on appartient? Et au prix de quels efforts? Je ne m’attendais définitivement pas à ce genre de questionnement en regardant une comédie de John Landis (Animal HouseThe Blues Brothers) et mettant en vedette deux des plus grands comédiens de leur génération. Cela démontre l’habileté du tandem Harris/Weingrod à la scénarisation. Oui, on nous questionne au sujet de ces thématiques, mais toujours en ne perdant pas de vue l’aspect comique que le public recherche chez ce type de film. Par moment, on oublie presque qu’on regarde une comédie tellement on est investi dans l’histoire.

Toutefois, on ne la délaisse pas complètement non plus, bien que Trading Places ne soit pas hilarant. Pour un deuxième rôle seulement au cinéma, Eddie Murphy s’en tire extrêmement bien, plus même qu’Aykroyd, à son meilleur lorsqu’il interagit avec Murphy ou encore Jamie Lee Curtis, elle aussi très efficace. On a droit aux nombreuses vannes sarcastiques de Murphy, qui évidemment dénonce subtilement le racisme auquel il fait face de la part de l’aristocratie de Philadelphie. Après une longue entrée en matière (ou il faudra pardonner quelques raccourcis scénaristiques, notamment en ce qui concerne la descente aux enfers de Winthorpe), le film prend son envol lorsque les deux protagonistes prennent conscience de la supercherie, et c’est à ce moment qu’il devient véritablement intéressant, jusqu’à une situation finale un peu confuse, mais assez spectaculaire qui se termine au coeur du World Trade Center.

Trading Places n’est peut-être pas votre comédie typique du temps des Fêtes, mais c’est un film grandement sympathique qui s’apprécie à tout moment. Vous serez surpris par la pertinence et la résonnance de son histoire encore aujourd’hui, et il est une fenêtre spéciale sur les débuts fracassants d’Eddie Murphy au cinéma, lui qui l’année suivante décrochera le premier rôle de la franchise culte Beverly Hills Cop. Si le film ne répond peut-être pas aux interrogations des deux Duke quant à l’importance du contexte social dans le comportement, il démontre toutefois qu’on peut surpasser les classes lorsqu’on a un objectif commun, et que l’union fait la force!

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  1. […] Trading Places (1983) de John Landis […]

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