The Lion King (2019)

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Cette critique a d’abord été publiée dans le journal Le Collectif. Pour consulter la critique originale, cliquez ici.

Disney connaît une année de rêve en fait de superproductions. Alternant entre un film Marvel et un Pixar, le studio est dans un long processus de remakes de ses films à succès. La plus attendue de ces reprises est bien évidemment The Lion King, dont l’original est sans contredit l’un des meilleurs films d’animation de tous les temps. C’est au vétéran réalisateur Jon Favreau (Iron Man, The Jungle Book) que revient la lourde tâche de recréer la magie qui nous a fait craquer pour Simba, Timon et Pumbaa. Pari réussi? Plongeons au cœur de la savane pour le découvrir!

Une reprise fortement inspirée de l’original

Rappelons brièvement les grandes lignes du scénario, pour les quelques rares qui en seraient à leur premier visionnement. The Lion King est largement inspiré de Hamlet de William Shakespeare et du manga Le Roi Léo d’Osamu Tezuka. On y suit les aventures de Simba (JD McCrary), héritier du titre de « Roi de la jungle », qui, après s’être fait manipuler par son oncle Scar (Chiwetel Ejiofor), est poussé à l’exil et doit se réfugier loin du royaume autrefois dirigé par son père Mufasa (James Earl Jones, qui reprend son rôle du film original).

Pour ceux et celles qui s’attendaient à voir une version librement inspirée du Lion King original, vous serez déçus. On assiste ici à un film qui reprend pratiquement plan par plan l’original. Pour les plus grands fans, vous remarquerez tout de même que, si les plans présentent les mêmes éléments (prenons en exemple la scène où Simba marche dans les traces de son père), ils sont souvent filmés d’un angle différent. Favreau présente donc en quelque sorte un hommage plutôt qu’un réel « copier-coller ».

On est tout de même bien loin des adaptations à la Alice in Wonderland ou Dumbo, qui toutes deux ont modifié considérablement le scénario du film original (le dernier ajoutant même 60 minutes de nouveau contenu). The Lion King, quoi que 30 minutes plus long que l’original, ne fait que rallonger certaines scènes déjà présentes dans le premier film, et on prend la peine d’ajouter une nouvelle chanson à la trame sonore déjà bien garnie.

Live action ou film d’animation? Peu importe!

Tel que mentionné précédemment, Disney est présentement dans une vague de reprises en live action (prise de vue réelle) de ses franchises à succès. Alors que la plupart des remakes allient animation et prises de vue réelles (citons en exemple The Jungle Book ou Aladdin), la ligne est bien mince dans The Lion King entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. L’équipe technique est à saluer, puisque le rendu est d’un réalisme exceptionnel. On a l’impression de visionner un épisode de Our Planet, ou tout autre documentaire animalier. L’étiquette de live action que Disney semble tant encline à apposer au film nuira possiblement à une future nomination à l’Oscar du meilleur film d’animation, toutefois.

Il y a toutefois deux bémols importants à souligner concernant l’animation du film. Lorsqu’on décide d’emprunter la voie du réalisme visuel, on sacrifie du même coup la liberté, la fantaisie, que permet l’animation 2D du film original. Ne vous attendez ainsi pas à voir Simba sautiller sur les têtes des girafes durant l’interprétation de I Just Can’t Wait to Be King. On ne peut que regretter cette perte de créativité.

Une autre lacune importante de l’animation est le peu d’expression faciale des animaux. On ne discerne les émotions des personnages que dans le ton de leur voix, puisque leurs visages donnent l’impression d’être figés dans le roc. On a semblé oublier du côté de Disney l’importance des sourcils dans le rendu d’une émotion. L’équipe se rattrape toutefois dans l’animation des dialogues, qui sont si bien faits qu’on trouve presque normal de voir des animaux parler. S’il ne fait aucun doute que The Lion King va probablement remporter l’Oscar des meilleurs effets spéciaux, on espère que les suites très attendues d’Avatar, dont les droits ont été nouvellement acquis par Disney, bénéficieront de l’expertise de cette équipe technique hors pair.

Une attention particulière à la distribution

Reconnue pour la diversité de ses distributions, Disney n’a pas raté l’occasion de sélectionner des acteurs et actrices pour la plupart issus de la communauté afro-américaine. Ainsi, Donald Glover, Beyoncé, Chiwetel Ejiofor (britannique, et non américain), Eric André et Keegan-Michael Key donnent la réplique à James Earl Jones (le seul acteur à reprendre son rôle). John Oliver, Billy Eichner et Seth Rogen complètent cette distribution toute étoile.

Ce sont d’ailleurs les deux derniers, interprétant respectivement Timon et Pumbaa, qui volent la vedette dans du film. Leur chimie est indéniable, et un effort supplémentaire semble avoir été apporté à leurs dialogues, les rendant encore plus drôles que dans le film original. On a l’impression qu’ils commentent le film en temps réel, brisant à quelques reprises le 4e mur. Ils amènent l’élément comique du film et en détendent du même coup l’atmosphère qui peut être assez lourde par moments.

Le personnage de Simba est à notre avis le point faible du film. JD McCrary, prêtant sa voix à la jeune version du personnage, met beaucoup d’émotion dans ses dialogues, mais les expressions faciales ne sont tout simplement pas à la hauteur des sentiments exprimés. Il en va de même pour la version adulte de Simba, interprétée par Glover. Si, dans l’ensemble, il fait justice au personnage, le tout se gâte lorsque vient le moment de chanter. La voix nous semble trop aigue, et fait contraste avec le ton grave de Glover lors des dialogues. Ce n’est pas désastreux, mais on sent que leurs voix ne collent pas à l’animation.

Aussi bon que l’original?

Question existentielle, à laquelle il nous est difficile de répondre. Nous avons tous un rapport différent d’avec le film de 1994. Plusieurs ont grandi en visionnant le film et en fredonnant les airs de Can You Feel The Love Tonight (qui, dans ce remake, est interprétée le jour, ce qui est assez ironique). D’autres ont peut-être récemment découvert The Lion King après avoir vécu des années dans l’ombre. Si ces derniers, ainsi que tous les amateurs d’effets visuels vont apprécier la nouvelle version du film à succès, les habitués auront toutefois de la difficulté à revivre la magie de l’opus original. Les tout-petits y trouveront bien évidemment leur compte.

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