Tony (Franck Dubosc) est un chauffeur d’autobus scolaire dans la cinquantaine renfermé sur lui-même et qui se passionne pour les États-Unis. Vivant seul, il a abandonné sa femme Carmen (Karina Marimon) et sa fille Maria (Louna Espinosa) vingt ans plus tôt. Soudainement, après un malaise cardiaque, il trouve le courage nécessaire pour affronter son passé, et s’inscrit incognito dans le cours de danse dirigé par sa fille, qu’il n’a jamais connue, dans le but de la (re)conquérir et de donner un sens à sa vie.

Rumba la vie adopte donc cette prémisse vue à de nombreuses reprises auparavant, et à laquelle Dubosc, qui signe ici son deuxième long métrage en tant que réalisateur, peine à insuffler un vent de fraîcheur. On n’observe en effet aucune surprise au fil des situations qui, sans être totalement clichées, sont globalement banales. Nous n’avons pas affaire à un mauvais film ici, mais nous n’en avons pas un mémorable non plus. Il se situe plutôt entre la comédie et le drame, sans qu’il nous fasse rire aux éclats ni pleurer à chaude larme.

Mais est-ce que Rumba la vie est un film sur la danse? Pas vraiment. Il y a certes un ou deux numéros de danse, mais le tout est rapidement relégué au second plan, surtout dans la seconde moitié du film (bien que, étonnamment, un numéro de danse soit fondamental pour sa finale). Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose – Franck Dubosc n’étant à ma connaissance pas reconnu pour ses talents de danseur -, mais un titre comme cela pourrait faire croire à certains que la danse y est prédominante, ce qu’elle n’est pas.

Non, c’est plutôt un film qui aborde les relations père-fille, et qui tente d’explorer les occasions manquées de la vie. Sans être encore une fois novatrices, ces thématiques sont rendues crédibles par le tandem d’acteurs. J’avoue avoir été surpris de la performance sobre de Dubosc, en opposition aux rôles plus exubérants auxquels il nous avait habitués au cours des dernières années (comme dans Le sens de la famille). Il saisit bien ici la taciturnité de son personnage, et le rend au minimum attachant. C’est cependant davantage Espinosa, dans un premier grand rôle au cinéma, qui brille ici. La chimie est heureusement efficace entre les deux, mais la distribution secondaire, regorgeant de personnages accessoires et anecdotiques, est décevante.

Le film prend son envol dans la seconde moitié, dès que l’identité de Tony est révélée à Maria. À partir de ce moment, sans surprendre encore une fois, on propose une évolution intéressante de leur relation, quoiqu’un peu précipitée peut-être. Rumba la vie est au final oubliable, bien effectué techniquement, mais sans véritable saveur. On a l’impression d’un film fait sur le pilote automatique, sans qualité ni défaut, si ce n’est de nous gaver d’une histoire réchauffée.

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