Twilight

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C’est dans les pages d’un Québec Loisirs que j’ai vu pour la première fois les pochettes énigmatiques de la série de livres Twilight. Au premier coup d’œil, ces romans m’ont tout de suite attirée en raison de l’esthétisme des images en rouge, noir et blanc et ce souci accordé à mettre en scène les récits de brillante façon à travers les couvertures. Il ne m’aura pas fallu longtemps avant de plonger dans l’histoire de Bella Swan, et j’ai vu le premier film de la série dans une salle pleine au cinéma 7 de Valleyfield, en français. Succès phénoménal à la fois adoré et détesté du public, Twilight n’a assurément pas réinventé les codes du genre, malgré ses efforts techniques.

Bella Swan (Kirsten Stewart) vient d’arriver à Forks, ville plutôt pluvieuse et froide de l’état de Washington, où elle revient habiter avec son père Charlie (Billy Burke). Au premier jour dans sa nouvelle école, Bella fait la rencontre de Jessica (Anna Kendrick), Angela (Christian Serratos), Mike (Michael Welch) et Eric (Justin Chon), avant d’être totalement hypnotisée par les Cullen, les cinq enfants adoptés du docteur Carlisle Cullen (Peter Facinnelli) et sa femme Esme (Elizabeth Reaser). Si Alice (Ashley Greene), Jasper (Jackson Rathbone), Rosalie (Nikki Reed) et Emmet (Kellan Lutz) sont fascinants à leur façon, c’est en croisant le regard d’Edward (Robert Pattinson) que Bella sera totalement désemparée, avide d’en apprendre davantage sur la famille et sur celui qui deviendra son partenaire de laboratoire en biologie. Après quelques événements étranges, Bella réalise que les Cullen sont en fait des vampires, mais elle ne peut s’empêcher d’être attirée par Edward. Leur histoire d’amour devra donc survivre d’une part aux réticences de Charlie, ensuite à la rivalité entre Edward et Jacob (Taylor Lautner) l’ami d’enfance de Bella, et finalement aux trois vampires qui ont commis plusieurs meurtres aux environs de Forks et ont eu le malheur de sentir l’odeur alléchante de Bella.

Twilight veut être plusieurs choses. D’abord, une série pour adolescent.e.s, ensuite une histoire d’amour et finalement un récit fantaisiste dans un monde où les vampires existent. Tristement, les trois objectifs ne sont pas rencontrés de façon égale. Contrairement à d’autres séries adolescentes du même type (Hunger Games est le meilleur exemple), on est ici devant une histoire de romance plutôt que d’action, malgré la trame de fond voulant qu’on soit dans une famille de vampires (et une légende de loup-garous au passage, qu’on se doute qui sera importante plus tard). En effet, si Katniss Everdeen se refusait à tout sentiment amoureux, ayant en tête d’abord et avant tout de sauver sa petite sœur des griffes cruelles des jeux, on ne peut pas en dire autant de Bella Swan, qui semble n’avoir aucune autre ambition que d’être en couple avec cet énigmatique vampire ayant en apparence 17 ans, alors qu’il est en réalité plus que centenaire. Pour une série qui s’adresse en premier lieu aux adolescentes, il est plutôt dommage que Bella ne soit pas présentée comme aussi forte que ses homologues Katniss ou Hermione. Dans ce premier film, on la voit être le centre d’attention de tous les garçons et, de son côté, n’avoir d’yeux que pour Edward. On n’apprend jamais ses ambitions, ce qui la passionne ou comment elle voit son futur, si ce n’est de son entêtement à devenir elle aussi une vampire pour vieillir avec celui qu’elle aime qui, soit dit en passant, est son premier partenaire amoureux.

Bien sûr, on ne peut pas en vouloir seulement au film pour ces lacunes, car il doit faire avec le matériel de base de la série de Stephenie Meyer. Mais si le problème existe pour Bella, on le retrouve également chez ses deux amies, qui sont aveuglément en amour avec les garçons de leur bande, ou encore avec sa mère, qui suit son nouveau mari dans une nouvelle ville pour qu’il puisse vivre son rêve de faire carrière au baseball.

Il est donc dommage de ne présenter que des femmes derrières les hommes qui les accompagnent. La femme la plus forte du récit est sans aucun doute Victoria (Rachelle Lefevre), cette vampire menaçante dont Bella a peur (avec raison) et qui, si elle est redoutable, trouve quand même la plupart de ses motivations dans le fait que les Cullen réservent un sort peu enviable à son partenaire, James (Cam Gigandet).

Un film de la trempe de Twilight ne serait rien sans ses effets spéciaux. Cependant, dans ce cas-ci, ils sont particulièrement décevants. Je me souviendrai toujours de cette scène de baseball dans un champ sur fond d’orage et des notes de Supermassive Black Hole de Muse. Si ce moment du film a toujours été l’un des meilleurs, il représente aussi l’échec de la production à rendre certains effets. On nous dit que les Cullen doivent attendre qu’il y ait un orage pour jouer, car leurs coups sont trop forts et feraient trop de bruit, problème que du tonnerre peut camoufler. Cependant, on ne parvient jamais vraiment à traduire la puissance des coups frappés par la famille, car le son n’est pas au rendez-vous. Il faut donc faire confiance aux éclairs que l’on voit dans le ciel et comprendre l’idée qu’on a tenté de faire passer à l’écran, sans succès. Cette même scène voit entrer les antagonistes principaux du film, soit Victoria, James et Laurent (Edi Gathegi), qui marchent très rapidement pendant qu’ils sont filmés au ralenti. À regarder ce moment, on comprend qu’ils ont sûrement utilisé des tapis roulants du type qu’on retrouve dans les aéroports pour y arriver. Le résultat, toutefois, n’est encore une fois pas tout à fait convaincant. Les exemples sont nombreux, comme tous les moments où les vampires courent ou sautent dans les airs, et qu’on parvient à sentir les câbles qui les retiennent tant leurs mouvements manquent d’aisance. Saluons au passage le supposé scintillement des Cullen au soleil, rendu davantage par le son de « diamants » que par quelque chose que l’on peut véritablement voir, alors qu’on tente de nous convaincre que c’est vraiment visible. Je me souviens encore des rires dans la salle du cinéma, malheureusement.

Malgré ces quelques échecs, les bons côtés du film, car il y en a, sont à mon avis parfaitement réussis. Notons par exemple l’ambiance visuelle du film, froide, blanche mais surtout bleue, qui est travaillée à chaque scène, même si le résultat n’est pas toujours nécessaire, comme quand Edward joue le thème de la série au piano et qu’il y a énormément de fumée blanche dans la pièce. Finalement, la trame sonore de ce premier chapitre, que ce soit par les mélodies de Carter Burwell ou les chansons indie et mystérieuses, colle à toutes les émotions que le film essaie de transmettre. J’ai demandé les disques des trames sonores des deux premiers films lors d’un Noël de mon adolescence, et je considère encore aujourd’hui que le choix des pistes qui les composent est l’une des plus belles réussites de ce projet ambitieux.

Ce premier film d’une série de cinq est bon, sans plus. À partir de là, on s’attend à davantage d’action dans les prochains, encore plus de bonnes chansons et de meilleurs effets spéciaux. Malheureusement, on n’aura pas accès à tout ça, mais on parviendra tout de même à retirer un peu de satisfaction.

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