Au début des années 2000, le monde fait la connaissance cinématographique de Bridget Jones, une employée de bureau britannique dans la trentaine, incarnée par l’américaine Renée Zellweger. Faisant fi de ses détracteurs quant au choix de l’actrice principale, le film parvient à se tailler une place de choix parmi ceux de son genre, et devient rapidement un classique dans le vaste catalogue des comédies romantiques.

Bridget Jones (Zellweger) a 32 ans. Elle travaille dans une maison d’édition littéraire londonienne sous l’autorité de Daniel Cleaver (Hugh Grant), pour qui elle en pince secrètement. À l’aube de la nouvelle année, elle commence un journal intime dans lequel elle détaillera ses kilos gagnés et perdus, le nombre de cigarettes et de verres qu’elle consomme quotidiennement ainsi que ses aventures amoureuses, sexuelles et professionnelles, dans le but d’être une meilleure version d’elle-même. Nouvelle année, nouvelle Bridget, quoi! Alors qu’elle tente de se rapprocher de son patron, ses parents (Jim Broadbent et Gemma Jones) essaient plutôt de l’agencer à Mark Darcy (Colin Firth), le fils d’un de leur couple d’amis de longue date et avocat célibataire particulièrement en vogue!

Il ne faudrait pas penser que Bridget Jones’s Diary est autre chose qu’une comédie romantique sympathique. L’héroïne est attachante dans sa maladresse, fait rire dans l’écriture de son journal dont nous entendons des extraits en narration, et si on ne peut pas toujours reconnaître notre propre parcours professionnel ou amoureux dans le sien, on se rappellera sans doute avoir été dans le même genre de situations à un moment ou à un autre, se ralliant ainsi aux côtés de la trentenaire.

Comme dans plusieurs aventures de ce genre, l’environnement dans lequel tout prend place – ici, un bureau de maison d’édition, un studio de télévision et Londres – donne envie d’y être. Et si l’envie n’est pas nécessairement d’être Bridget elle-même, alors on veut faire partie de son cercle d’amis et entendre parler des escapades de week-end en campagne, des fêtes familiales thématiques embarrassantes et des lancements littéraires remplis de malaises.

Sans être révolutionnaire, le film fonctionne parfaitement pour ce qu’il est, soit un moment où on s’abandonne à des situations comiques à moitié improbables et à des personnages que l’on aime voir évoluer. À cet effet, la distribution est particulièrement efficace. Mis à part Zellweger, qui n’est pas britannique, l’ensemble avec lequel elle joue nous transporte facilement dans un Londres très charmant, surtout grâce au triangle amoureux, comique et convaincant. Colin Firth et Hugh Grant, aux rôles et projets habituellement semblables, sont tout à fait à leur place en tant que rivaux amoureux. Alors que Cleaver est le patron séducteur ayant (évidemment) un désintérêt total envers l’engagement, Darcy est l’avocat plus discret, voire ennuyant, que l’on préfèrerait tout de même présenter à nos parents. Ces deux rôles semblent avoir été écrits spécifiquement pour les acteurs qui les personnifient (voir l’article de l’écrit à l’écran à ce sujet!), et le trio principal fonctionne complètement du début à la fin.

Cela dit, il ne faut pas oublier que les mœurs ont grandement évolué depuis le début des années 2000. À cet égard, certains aspects du film ont moins bien vieilli, comme les nombreuses scènes de flirt entre patron et employée par messagerie instantanée où il est presque exclusivement question de l’habillement de Bridget, particulièrement une jupe trop courte et un chemisier transparent, de même que certains passages d’attouchements non sollicités, ce à quoi Jones réagit trop bien étant donné ses sentiments envers celui qui les commet. Mis à part ces quelques éléments plus maladroits, Bridget et ses amis sont tous fumeurs, et le nombre de cigarettes consommées dans le film pourrait donner mal au cœur au spectateur. En 2001, cependant, le tout était probablement moins choquant.

À un peu plus de quatre-vingt-dix minutes au compteur, Bridget Jones’s Diary ne perd pas de temps, même s’il prend place pendant l’entièreté d’une année! À cet effet, on se demandera parfois d’où viennent certains revirements de situations pour lesquels on semble ne pas avoir eu suffisamment d’indices lorsqu’on n’a pas lu le roman. On pense notamment à une scène où Mark Darcy se vide le cœur comme s’il avait été présent tout du long, alors qu’en réalité, nous l’avons vu environ dix minutes depuis le début du film. Si la conclusion de cette première année dans la vie de Bridget Jones est totalement prévisible, elle demeure agréable à voir se dévoiler par l’énergie de ses personnages et le comique de ses situations. Au final, on aura passé un bon moment dans un triangle amoureux anglais qui nous aura fait rire et nous aura donné envie d’une suite.

1 commentaire

  1. Bridget Jones's Diary – Ciné-Histoire sur août 22, 2022 à 1:11

    […] ☆☆☆☆☆ Bon […]

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