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Alors qu’on s’habituait à suivre les aventures d’une nouvelle bande lors des deux films précédents, voilà qu’on abandonne l’idée de poursuivre avec eux pour retourner à East Great Falls High et aborder un sujet déjà exploité dans le tout premier American Pie : la Bible. Il est difficile d’être motivé avant de commencer ce film, et la motivation sera tout aussi difficile à conserver pendant ses quelques 93 minutes.

Rob (Bug Hall) est en amour avec sa meilleure amie Heidi (Beth Behrs). Après un dégât d’eau qu’ils ont causé dans la bibliothèque, ceux-ci doivent nettoyer le local et faire le tri des livres. C’est là où Rob trouve la Bible sous une étagère et constate qu’elle est en piètre état. Avec ses amis Nathan (Kevin M. Horton) et Lube (Brandon Hardesty), les trois garçons toujours vierges et ayant hâte de devenir des hommes suivront tant bien que mal les conseils de la Bible avant de réaliser qu’elle est maintenant désuète sur plusieurs sujets. Ils partiront donc en quête des témoignages de tous les hommes ayant emprunté le livre avant eux pour proposer une version mise à jour et plus solide. À cela s’ajoute un voyage de ski où les occasions de jouer au strip poker ne manqueront pas, et à travers duquel ils tenteront une fois pour toutes de se débarrasser de leur virginité.

On peine à trouver satisfaction dans ce nouveau American Pie Presents. La prémisse pourrait être intéressante, mais on a déjà exploité la Bible dans le premier film de la série. L’idée selon laquelle elle doit être mise à jour car plusieurs choses ont changé dans la société et dans les relations homme-femme pourra être rafraîchissante, mais on passe tout de même par quelques passages obligés des Amercian Pie. On se lassera vraiment plus rapidement qu’on pense de toutes les scènes à la limite de l’acceptable qui seront toutes, sans exception, amenées comme des rêves diurnes vécus par les personnages, pour excuser les images qu’on vient de voir. Après quelques fois à voir des choses impossibles, on se demande pourquoi toutes ces scènes ne sont tout simplement pas enlevées du résultat final si la seule manière de les amener de façon « correcte » est de les faire passer pour des fantasmes.

On retrouve dans Book of Love l’idée générale du premier film, mais à ce stade-ci, on aimerait en revenir de cette damnée virginité qui semble être toujours une malédiction pour les héros. L’une des différences ici est que Nathan est présenté comme un Kevin 2.0 qui veut satisfaire sa copine, chose rarement vue jusqu’ici dans la série. Mis à part cela, on retrouve encore des filles sexy qui ont peu de substance et qui sont toutes des objets de désir des hommes du film, même des professeurs, ce qui, en 2020, passe assurément moins bien.

Un American Pie n’en serait pas un sans la présence d’un Stifler et de Noah Levenstein (Eugene Levy), qu’on retrouve bien évidemment ici. Scott Stifler (John Patrick Jordan), amené comme un salaud sans morale qui fait tomber les filles en étant salement honnête, se place en contradiction avec les trois personnages principaux dans lesquels on trouve, pour la deuxième fois consécutive dans la série, un garçon plus rond qui, évidemment, est valeureux et n’a pas de chance avec les filles. À ce sujet, le couple rondelet de Beta House était adorable et leur chimie amoureuse et sexuelle a fait énormément plaisir. Noah, pour sa part, revient ici nous annoncer qu’il a eu l’idée de la Bible, rien de moins. C’est donc dans son atelier de tapis qu’on appellera tous les anciens participants du projet et qu’on mettra sur pied le livre, réédité. Après tout ce que l’on nous a « appris » de sa vie dans les films précédents, on ne sera pas surpris de ce nouvel élément. On sera découragés, certes, mais pas surpris, et honnêtement, rendus là, on n’y accordera pas vraiment d’importance.

L’une des choses qui frappera dans ce film est à quel point les répliques des filles semblent sorties d’un film porno (encore). Beth Behrs, qui en était à son premier rôle dans ce film avant de participer entre autres à 2 Broke Girls, enchaîne les phrases impossibles telles que « tu sais, on risque d’être pris ici encore longtemps » avant d’embrasser son meilleur ami dans un télésiège coincé en pleine montée. Saluons aussi l’effort de banaliser les premières fois en la faisant presque perdre sa virginité dans la bibliothèque de l’école parce que Rob lui a dit qu’elle devrait « juste le faire pour en finir »… en pensant qu’elle voudrait le faire avec lui.

Bref, il y a peu de choses qui plairont dans ce dernier American Pie Presents. Les meilleurs moments sont assurément dans les suppléments, si vous avez la chance de le regarder en DVD. C’est dans l’improvisation de Lube qu’on trouve les meilleures répliques, qui ont malheureusement dues être coupées. L’acteur était un youtubeur avant d’être de la distribution, et cela transparaît dans son humour et sa façon de s’approprier le matériel.

On ne ressortira malheureusement pas du visionnement de ce film en ayant grandi. Malgré toute sa volonté, Book of Love est plutôt pâle en comparaison avec les autres films de la série. Il semblerait que le public soit passé à autre chose après sept films traitant sensiblement tous des mêmes sujets, et c’est tant mieux.

 

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