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Le début des années 2000 est une période faste pour les comédies légères d’adolescents. On se souvient bien évidemment des Van Wilder et Eurotrip de ce monde, mais 40 Days and 40 Nights, et sa vedette montante Josh Hartnett (redescendue assez rapidement) ont en théorie tout pour satisfaire ces critères. Tout, ou presque, puisqu’en effet le film parvient à éviter plusieurs clichés du genre, tout en nous plongeant dans un ennui palpable.

Matt (Josh Hartnett) a beaucoup de difficulté à se remettre de sa brutale rupture avec Nicole (Vinessa Shaw). Le souvenir de leur relation l’empêche d’être totalement à l’aise lorsqu’il rencontre de nouvelles filles et commence sérieusement à le paralyser. C’est pourquoi il décide de faire un « carême » de sexe, pendant 40 jours et 40 nuits. Tout ce qui est relié au sexe lui sera alors interdit, il ne pourra donc évidemment pas se masturber non plus, mais il ira jusqu’à s’empêcher de pouvoir embrasser des filles. La totale abstinence.

Le défi, déjà difficile, se corse quand son colocataire et collègue Ryan (Paul Costanzo) met sur pied un site web où un pari à 50$ par participant est lancé ayant pour sujet la date où Matt va flancher. Dès lors, toutes les personnes de son milieu de travail se mettent en tête de nuire à son projet afin de remporter le gros lot, qui s’élève à plus de 20 000 $. De l’autre côté, Matt rencontre Erica (Shannyn Sossamon), qui apprend maladroitement son vœu de chasteté et doit conjuguer avec le fait que Matt n’est pas totalement présent, d’abord en raison du défi, mais aussi parce qu’il pense encore fréquemment à son exe.

Il serait facile de vouloir comparer American Pie et 40 Days and 40 Nights en raison de leurs thématiques adulescentes semblables et le fait qu’ils soient sortis dans les mêmes années, bien que leurs scénarios soient pratiquement inverses. À la limite, on pourrait s’attendre à un film de la trempe des National Lampoon. Mais au-delà de sa trame de fond, les personnages de 40 Days and 40 Nights sont dans la mi-vingtaine, travaillent et ne s’organisent pas de partys plus grands que nature où les choses dérapent. À la place, on passe nos vendredis soir dans une buanderie et on joue à des jeux vidéo dans un appartement de San Francisco. Saluons également la presque totale absence de nudité, bienvenue.

Le fait de baser le film sur le carême est un choix sympathique. Qui ne s’est pas déjà donné un tel défi, que ce soit pour l’alcool, le café, la cigarette, etc.?  Un film qui reporterait ce type d’abstinence serait sans doute moins intéressant à regarder et assurément moins drôle. Que le frère de Matt soit un apprenti prêtre qui a lui aussi de la difficulté à honorer son vœu ajoute au comique des situations. Que leurs parents nous racontent en détails les positions sexuelles qu’ils sont toujours capables de pratiquer nous fera sourire. Que les collègues usent de stratagèmes pas toujours fair-play pour remporter leur pari viendra susciter quelques émotions. Mais on ne s’esclaffe pas dans 40 Days and 40 Nights. Les coups ne sont pas « assez forts » et les situations manquent de punch. À l’inverse, on peut se frustrer rapidement, surtout vers la fin.

Sans entrer en détails dans l’un des éléments finaux du film, disons simplement qu’il ne vieillit pas bien du tout. Si en plus on se remet à la place des personnages, ce que l’on nous présente n’a aucun sens, et le film n’explique jamais les décisions qu’il a prises, ce qui est d’autant plus fâchant.

40 Days and 40 Nights n’a pas révolutionné le genre. Il est mieux dosé que certains de ses comparables et on peut saluer l’idée générale du film, mais au-delà de ses bons côtés, on se désole qu’il se soit contraint d’emprunter certains raccourcis maladroits.

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