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Meg Cabot est une autrice bien connue pour ses romans s’adressant aux filles et femmes, de la puberté à l’âge adulte. Figure emblématique de la chick litt américaine, ses histoires se concentrent autour de thématiques universelles : la famille, l’amour, la quête identitaire, etc. L’une de ses séries les plus importantes est sans aucun doute The Princess Diaries, qui compte près d’une quinzaine d’histoires ayant en leur centre Mia Thermopolis et la famille royale de Génovie. Paru en 2000, le premier tome a été rapidement adapté au grand écran et est sorti l’année suivante, réalisé par Garry Marshall (PrettyWoman). Critique d’un coming-of-age américain sur trame de royauté.

Adolescente gaffeuse et impopulaire, Mia Thermopolis (Anne Hathaway) peut toujours compter sur sa meilleure amie, Lilly (Heather Matarazzo) et son frère, Michael (Robert Schwartzman). Lors d’une visite de sa grand-mère paternelle qu’elle n’a jamais rencontrée, Mia apprend qu’elle est l’héritière du trône de Génovie et qu’elle doit retourner dans ce pays européen pour accomplir son devoir royal, son père étant décédé récemment. D’abord réticente à accepter ce rôle qui ne lui ressemble pas, Mia et sa grand-mère Clarice (Julie Andrews) concluent une entente : Mia recevra des leçons de princesse et décidera, lors d’un bal dans quelques semaines, si elle accepte ou non de se lancer dans l’aventure.

En tant que récit coming-of-age, The Princess Diaries fonctionne très bien pour le public auquel il s’adresse. Mia n’est pas la fille la plus populaire de son école secondaire, ni la plus belle. Elle n’est pas capable de parler en public, n’est pas douée dans les sports, elle se fait intimider par la bande de filles populaires menée par Lana (Mandy Moore) et est amoureuse du copain de celle-ci, Josh (Erik Von Detten), avec lequel elle n’a apparemment aucune chance. Les questions au cœur du récit seront donc tout à fait pertinentes. Peut-on devenir la voix d’un pays et gouverner un peuple quand on a de la difficulté à se faire entendre à l’école? Le parcours de Mia pour accepter son rôle ne sera pas de tout repos. Au milieu d’un tourbillon d’attention lorsque les médias apprennent son identité, elle devra déterminer si les intentions des gens qui l’entourent sont louables, apprendre une étiquette royale complexe et ne pas oublier ses vrais amis. Il y a là tous les éléments d’un bon film pour pré-adolescentes, et le contexte de royauté qui entoure le récit ajoutera cette touche magique qui fait rêver.

Rêver, oui, mais aussi rire, et peut-être même pleurer. À travers les décors féeriques du consulat génovien, les soupers officiels, les bals et les costumes de princesse, on rira devant les gaffes de Mia qui semblent se multiplier, notamment lorsqu’elle brise le doigt d’une statue, avale une grosse cuillère d’un trou-normand en ne s’attendant pas à ce que ce soit froid, ou encore lorsqu’elle a un accident avec un autobus de la ville dans une rue très escarpée de San Fransisco. On pourra devenir plus émotif quand les paparazzi la suivront à la plage ou quand elle vivra un froid avec Michael. Mais, à la fin, le film nous aura fait du bien et sourire.

Si on lui enlève son environnement royal, le film a tout de même plusieurs points forts dans ses décors et ses situations. Mia et sa mère vivent dans une ancienne caserne de pompiers, sorte d’immense loft où Mia sort de sa chambre en descendant d’un poteau. Lilly et elle se rendent à l’école à trottinette et c’est le genre de films qui a peut-être fait en sorte que les ventes de ce moyen de transport aient explosé après sa sortie. Michael joue du piano dans un garage où il donne des spectacles avec ses amis devant ses groupies, en mangeant des m&m à même son clavier. L’école où étudie le trio organise un party sur la plage où, quand on ne fait pas du bateau, on se retrouve assis devant un feu. Si le royaume de Génovie semble être un monde extraordinaire où les rêves deviennent réalité, San Fransisco s’en sort assez bien également!

The Princess Diaries est donc ce film où les événements extraordinaires sont placés face à une héroïne aux abords ordinaires. Anne Hathaway, dans son premier rôle au cinéma, est tout à fait convaincante et on aimera beaucoup la façon dont elle joue cette Mia insécure. Et qui de mieux que la charmante Dame Julie Andrews (Mary Poppins, The Sound of Music) pour lui donner la réplique?  Ce coming-of-age saura plaire à son public cible par sa candeur et sa simplicité… qu’on soit en limousine en Génovie ou en trottinette aux États-Unis.

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