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David Guion et Michael Handelman ont co-écrit moins de 5 films ensemble. Si Night at the Museum et Dinner for Schmucks (version américaine du Dîner de cons) reposent surtout sur ses acteurs principaux (Ben Stiller, Steve Carrell) pour réussir à faire passer l’humour, The Ex tente sans grand succès de nous amener dans une hilarité qu’on n’atteint malheureusement jamais avec Zach Braff et Jason Bateman. Leurs performances n’égalent jamais celles qui ont fait la renommée de leur carrière respective dans Scrubs et Arrested Development respectivement.

Une histoire trop souvent racontée

On la connaît trop bien cette histoire. Après un changement de situation dans la vie du protagoniste (nouvel emploi, déménagement, etc.), une rivalité s’installe entre deux hommes pour le cœur d’une même femme, et des guéguerres puériles s’amorcent pour exposer au grand jour celui qui n’est pas aussi « méritant » que l’autre. En ce sens, The Ex n’est pas différent de Employee of the Month, Van Wilder, This Means War et tous les autres.

Après que sa femme Sofia (Amanda Peet) a quitté son emploi d’avocate pour donner naissance à leur enfant, Tom (Zach Braff) accepte enfin l’offre de son beau-père de rejoindre l’équipe d’une petite entreprise de publicité dont le fonctionnement est comparable aux compagnies informatiques de Silicon Valley, bien connues pour leurs locaux excentriques et l’atmosphère détendue qui s’en dégage. Revenir dans la ville natale de sa conjointe signifie également que Tom devra travailler avec Chip (Jason Bateman), l’ex de celle-ci et, surtout, un homme qui a passé sa vie en chaise-roulante. Il ne semble évidemment pas avoir oublié son amour de jeunesse. Après quelques bévues involontaires de la part de Tom, c’est la guerre! Dès lors, Chip ne cache pas son intention de reconquérir son exe en dévalorisant son mari à chaque occasion qui lui sera donnée.

Quelques rires, quelques « humph »

Si The Ex ressemble dans sa structure aux films susmentionnés, ses coups bas ne sont pas aussi mémorables que ceux de ses comparables (qui ne se souvient pas de la confection d’éclairs de Van Wilder ?), et le personnage de Chip n’est pas aussi détestable que les autres. Alors que ce genre de films nous présente généralement un « bon » gars et un autre aux morales douteuses, Chip est handicapé depuis l’âge de 5 ans, il a perdu son frère jumeau, il remporte des prix pour ses concepts publicitaires et aspire à travailler à Barcelone pour quitter l’Ohio. Pour le spectateur, il est facile de ne pas se rallier à sa cause, mais nous ne le faisons pas avec autant de fougue que lorsque nous détestons Dax Shepard qui ne passe pas tous les articles sur sa caisse enregistreuse lors d’un combat de caissiers contre Dane Cook dans Employee of the Month.

Alors qu’il nous a fait sourire par endroits, The Ex demeure plutôt fade dans son exécution. À sa défense, une compagnie publicitaire ne peut pas rivaliser avec l’atmosphère « garçon » de la C.I.A dépeinte dans This Means War, mais celui-ci a l’avantage d’exploiter son environnement à 100%, ce qui n’est pas le cas de The Ex. Pourquoi ne pas pousser à fond le personnage exécrable qu’aurait pu être Chip? Entre Tom et lui, d’ailleurs, le second s’enfonce encore plus, en tentant de dévoiler au grand jour des motivations qu’aurait pu avoir son compétiteur. Il est également dommage de ne pas rencontrer davantage de clients, de ne pas assister à plus de pitchs gagnants à la Mad Men, ou de voir d’autres planches à dessins. Cela n’aurait rien ajouté à l’aspect comique du film, mais aurait suffi à créer un univers appréciable.

On efface et on recommence

Le problème avec ce genre de films, c’est le peu de confiance que l’on a envers les relations des personnages. Du jour au lendemain, un couple qui a passé plusieurs années ensemble et qui a maintenant un enfant, éclaterait-il vraiment à la vue d’un ex du secondaire, même si celui-ci se montre aussi aventureux? Penser que la vie des personnages commence au moment où l’histoire débute serait une erreur, et c’est bien souvent le cas dans ces comédies « romantiques ». Toutefois, The Ex se distancie de ses comparables en ne poussant pas trop loin les limites de ces relations. Les réactions de Sofia sont légitimes et nous avons la chance de ne pas voir de scène où elle se fâche sans laisser l’occasion à Tom de s’expliquer. Pour ça, The Ex gagne quelques points, bien minimes toutefois.

The Ex : The Verdict

Si vous avez la chance de voir le film en DVD, l’une des trois (!) fins alternatives est délicieuse et aurait amené beaucoup de satisfaction au spectateur, sans toutefois avoir de sens. Les scènes supprimées ne sont pas mémorables et les bloopers ne font pas rire.

Les 89 minutes que vous passerez à regarder ce film ne seront pas marquantes. Alors qu’il est à la fois rafraîchissant d’éviter quelques clichés, on s’en désole plus tard puisqu’ils auraient contribué à faire en sorte que The Ex s’assume dans un genre surexploité. Un film oubliable et, heureusement, oublié.

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