Spider-Man 3

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Lorsqu’on parle de projets qui deviennent plus grands que nature, Spider-Man 3 est un exemple qui nous vient souvent en tête. Alors que les deux précédents opus tentaient d’offrir une histoire simple mais efficace, le dernier projet de Sam Raimi nous amène à nous questionner sur ses intentions. En fait, on constate qu’il parait avoir voulu amener beaucoup de nouveaux éléments, sans pouvoir convenablement achever toutes ces trames. Le rendu est une conclusion décevante aux aventures de Spider-Man.

L’histoire se situe quelques mois après les péripéties avec le Dr. Octopus. Peter (Tobey Maguire) et Mary-Jane (Kirsten Dunst) vivent désormais ensemble dans un miteux appartement. Harry, ayant appris l’identité secrète de Peter, le pourchasse dès les premiers instants du film, sous la forme du Gobelin Vert. On pourrait croire que la némésis de l’Homme-Araignée, tant attendue, vient enfin de faire son apparition. Toutefois, le duel se solde par un coup que Harry reçoit sur la tête, ce qui le fait perdre rapidement tout souvenir de sa haine envers Spider-Man. Quel raccourci, mais surtout quelle déception que de voir toute cette lente et intéressante évolution depuis deux films s’éteindre si brusquement. Raimi et son équipe ont d’autres vilains en tête pour ce chapitre final : Sandman (Thomas Haden Church) et Eddie Brock/Venom (Topher Grace). Ce dernier ne viendra que très tard dans l’histoire, cependant, puisque la substance extraterrestre s’attaquera à Peter avant de s’approprier le corps de Brock. Bref, alors que dans les deux premiers films nous n’avions qu’un vilain, ici on nous en présente trois, qui seront tous très peu approfondis.

En fait, la plus grande partie du récit s’attarde aux changements de comportements de Peter qui, affecté par Venom, se voit transformé du tout au tout. C’est une idée qui est très bonne sur papier, mais dont le résultat est décevant. Peter devient en quelque sorte emo et se met à agir en véritable personne exécrable avec tout le monde, mais particulièrement avec Mary-Jane, qui ne voit pas son sort s’améliorer par rapport aux autres films. Peter lui donne toutes les raisons de le quitter, lui qui entretient une relation particulière avec Gwen Stacy (Bryce Dallas Howard), l’un des multiples personnages à être amenés dans ce dernier chapitre. Raimi tente d’aborder la question de la célébrité en tant que super-héros, ce qui n’est pas une mauvaise chose, mais le fait d’une façon particulièrement risible, enlevant toute crédibilité au propos. À cet égard, une scène où Peter danse en pleine rue est devenue particulièrement ridiculisée avec le temps. On ne veut pas voir Peter danser dans un cabaret jazz, on veut le voir affronter des vilains!

Spider-Man 3 ne manque pas d’ambition, mais plutôt d’exécution. Il me semble que le vilain le plus intéressant aurait été Harry/Gobelin Vert, mais le choix de l’écarter si rapidement du récit, au profit de Sandman (à qui l’on donne une motivation plutôt ridicule qui pousse Peter à vouloir à tout prix le pourchasser) est dommage. Ce n’est évidemment pas le vilain le plus connu de l’univers de Spider-Man, malgré qu’il présente certaines caractéristiques qui le rendent intéressant au niveau cinématographique. Toutefois, on aurait dû capitaliser sur le Dr. Connors, de retour dans le film, plutôt que d’amener un nouveau personnage ainsi. En fait, on constate que ce film, en tant que 2e d’une trilogie, aurait été parfait, puisqu’il semble vouloir étendre l’univers de Spider-Man et établir de nouveaux éléments pour faire culminer le tout dans un dernier film. On ne sait pas si un quatrième film était dans les plans, mais en tant que conclusion d’une trilogie, il faut admettre que l’occasion est complètement ratée.

Même les effets spéciaux ne semblent pas au rendez-vous cette fois-ci. Alors que plusieurs scènes sont assez intéressantes et que la modélisation de Sandman est adéquate, les combats entre le Gobelin Vert et Spider-Man, ou encore la scène finale, sont assez décevants sur le plan technique. L’ajout du costume noir de Spider-Man est très intéressant visuellement, toutefois. On aurait aimé le voir plus souvent.

Ma déception est évidemment difficile à cacher concernant Spider-Man 3. Quand j’étais plus jeune, je n’avais pas que de mauvais souvenirs de ce film, bien que je sache qu’il n’était pas à la hauteur des deux premiers. Avec du recul toutefois, c’est le film de la trilogie qui a le plus mal vieilli, tristement. C’est un film à la construction douteuse, aux effets spéciaux à la traîne, au développement de personnages inexistant et au ton inadéquat. La décision de vouloir rebâtir sur de nouvelles bases avec The Amazing Spider-Man quelques années seulement après cette trilogie s’explique assez bien. Tous ont voulu oublier les ratés de cette conclusion, qui semblait pourtant prometteuse. Le film n’est pas si mauvais que cela, par contre. Il est possible de l’apprécier pour ce qu’il est : un film de super-héros moyen. Les deux autres films ont mis la barre très haute, barre qui ne pouvait vraisemblablement pas être atteinte. Une triste occasion ratée, et une fin en queue de poisson.

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