Slaxx

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Slaxx director Elza Kephart on killer jeans and political horror

Les slashers québécois sont plutôt rares. En fait, bien que le public soit assez friand de films d’horreur, c’est un genre qui n’a été que peu exploité au Québec. Le cinéma de genre est également très peu développé dans la Belle Province, bien que le studio RKSS (Turbo Kid, Summer of 84) et le Festival Fantasia amènent un certain engouement pour ce style de cinéma. Le nouveau projet d’Elza Kephart (Graveyard AliveGo in the Wilderness) s’inscrit définitivement dans ce courant. Avec une histoire aussi absurde que violente, Slaxx explore le domaine de la mode tout en envoyant un message (à peine dissimulé) sur la société de consommation.

Là où Rubber présente l’histoire d’un pneu qui tue des gens, Slaxx adopte un peu le même récit, en remplaçant toutefois le pneu par des jeans meurtriers. Ces jeans, ce sont en fait les Super Shapers, une nouvelle invention censée révolutionner le monde de la mode : le pantalon est conçu pour s’adapter à quiconque les enfile. Dans le but de faire la promotion de ce nouveau morceau, la chaîne Canadian Cotton Clothiers (C.C.C.) place ses succursales en confinement dans la nuit du dimanche au lundi pour qu’elles puissent ajuster les inventaires et monter les présentoirs avant la « cohue du lundi » (équivalent du Black Friday). Libby (Romane Denis) est une nouvelle employée qui doit entrer en fonction dès minuit. Elle est sous la supervision de Craig (Brett Donahue), un gérant pour le moins zélé. Toute la nuit durant, toutefois, les Super Shapers feront des siennes, tuant un à un chacun des employés de la succursale.

Slaxx – Film de Elza Kephart | Films du Québec

Il est évident qu’on ne peut s’attendre à beaucoup d’un récit qui a comme prémisse un huis clos avec des pantalons sanguinaires. En fait, Slaxx n’est pas tant une comédie d’horreur plus qu’un slasher absurde. Chaque personnage (sauf celui de Libby) est surjoué, comme ceux de tout bon film de genre qui se respecte. Craig semble tout droit sorti d’un lavage de cerveau offert par la C.C.C., l’influenceuse Peyton Jules (Erica Anderson), qui doit aller effectuer un live à minuit au magasin, est la typique millennial élevée par les médias sociaux, bref, tout ce beau monde est assez caricatural.

Slaxx n’essaie pas d’être plus ambitieux qu’il ne le prétend. On écoute un film de ce genre pour se divertir, sans chercher une faille scénaristique où une incohérence. Il y en aura, et on doit apprendre à vivre avec. Toutefois, j’avoue que le scénario manque cruellement de péripéties. Il n’est pas bien long (77 minutes), et on sent qu’on a atteint le potentiel du concept avant même la fin. C’est dommage, car on aurait pu créer une belle tension, ou une appréhension plutôt, sur l’histoire derrière ce jean. On tente de conserver un certain mystère, il est vrai, sur les « motivations » des Super Shapers, mais le résultat est aussi décevant que prévisible. Le récit aurait bénéficié à mon avis de davantage de personnages, ou de trames secondaires, pour pleinement nous accrocher tout du long.

Slaxx (2020)

Libby est en fait la seule personne sensée du récit. Denis joue très bien, dans un premier rôle en anglais pour la jeune actrice. Le reste de la distribution ne brille pas tellement, bien qu’elle joue à la hauteur de nos attentes pour ce genre de films. Je peine à trouver des arguments qui soient en faveur ou en défaveur de Slaxx, car bien honnêtement il fait son travail, tout en nous laissant passablement indifférent. Ce n’est jamais une bonne chose, surtout dans un film dont la raison d’être est de divertir. Il ne m’a pas fait rire comme il l’aurait dû, et cela m’a déçu. J’avoue ne pas être le meilleur public pour une production de ce type, mais je crois que les amateurs du genre vont tout de même se rallier à mon opinion. Je crois que cela démontre encore une fois d’une certaine faiblesse scénaristique, où plutôt d’un concept qui est sympathique lorsqu’il est évoqué, mais décevant lorsque réalisé. On souhaiterait toutefois que le cinéma de genre se développe davantage au Québec, et on espère que cela passera par des films comme Slaxx, qui sont un bon premier essai vers un perfectionnement du genre.

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