Sabrina, the Teenage Witch

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En 2018, Netflix a sorti sa série Chilling Adventures of Sabrina, s’inspirant du personnage qui provient des bandes-dessinées Archie, dans la même veine que CW qui propose également la série Riverdale en posant un regard nettement plus sombre sur la bande, contrairement aux aventures légères que l’on retrouvait dans les magazines des années 40. Pour la plupart des gens, Sabrina c’est avant tout la série télé qui s’est étendue de 1996 à 2003 mettant en vedette Melissa Joan Hart et son chat parlant Salem, la très évidente marionnette qu’on n’a jamais voulu faire passer pour autre chose. En sept saisons et 163 épisodes, on a suivi Sabrina et ses deux tantes dans toutes sortes d’histoires plus farfelues les unes que les autres. Avec le recul et après une deuxième écoute depuis l’époque où elle passait sur Vrak.tv, voici ma critique sommaire d’une série éclatée.

Les premières saisons de Sabrina demeureront toujours mes préférées. Au début de sa nouvelle vie de sorcière, Sabrina doit apprendre à utiliser sa magie, et les situations embarrassantes dans lesquelles elle se retrouve sont comiques. Les personnages des premières saisons sont également plus attachants que ceux des suivantes. On fait d’abord la connaissance de Harvey (Nate Richert), des amies de Sabrina Jenny (Michelle Beaudoin) et dès la saison deux, Valerie (Lindsay Sloane), des professeurs Miss Quick (Mary Gross) et Mr. Pool (Paul Feig) et finalement des antagonistes Mr. Kraft (Martin Mull) et son élève préférée Libby (Jenna Leigh Green), qui voudrait bien tasser Sabrina du chemin pour se rapprocher de Harvey.

La dualité entre Libby et Sabrina est ce qui compose essentiellement les trois premières saisons. On suit l’héroïne à l’école alors qu’elle tente de s’habituer à sa nouvelle vie et qu’elle s’amuse également à tendre des coups à Libby pour conserver sa place près de Harvey. Dans la deuxième saison, Sabrina doit obtenir son permis de sorcellerie et nous faisons la connaissance d’un nouveau personnage : son professeur (Alimi Ballard), qui apparaîtra de temps à autres pour lui passer un test. À la fin de la saison deux, un épisode prend place à Walt Disney World, et il amène un bon changement de rythme. Dans la saison trois, on se concentre cette fois sur le secret de famille. Maintenant que Sabrina a son permis de sorcellerie, elle ne peut pas l’utiliser tant qu’elle n’aura pas découvert le secret des Spellman. Cette saison était totalement différente des autres en raison de son histoire qui se suivait tout au long des vingt-cinq épisodes, jusqu’à une finale pour le moins satisfaisante.

Ayant remplacé Jenny par Valerie et celle-ci par Dreama (China Shavers) sans nous donner toutefois d’explication, la quatrième saison fait suite aux trois autres de belle façon en nous offrant (presque pour la première fois) de la tension. Sabrina doit aider une sorcière à obtenir son permis et celle-ci va à la même école qu’elle. Dreama devient donc sa nouvelle amie, mais étant toutes deux sorcières, on s’amuse un peu plus dans cette saison. On rencontre également Brad (Jon Huertas) un chasseur de sorcières qui peut ressentir quand de la magie est faite près de lui. Là où les choses se gâtent, à mon avis, c’est lorsque Sabrina commence à travailler au café où elle rencontre Josh (David Lascher).

Les saisons 5 et 6 suivent donc Sabrina à l’Université, où elle ne semble toutefois pas étudier une branche en particulier, ses cours étant tous très généraux. On dirait que c’est aussi le cas de ses colocataires Miles (Trevor Lissauer) et Roxy (Soleil Moon Frye) puisqu’ils se retrouvent parfois dans les mêmes cours ensemble. Dans ces deux saisons, on voit donc moins les tantes et davantage les colocs. Josh a remplacé Harvey et on passe beaucoup de temps au café, comme dans Friends. À la fin de la saison 5, Harvey refait une apparition et il revient dans la sixième saison, en connaissant le secret de Sabrina et en devant un des meilleurs amis de la famille.

À la dernière saison, les filles emménagent dans la maison des tantes de Sabrina, celles-ci étant déménagées officiellement dans l’autre royaume. Morgan (Elisa Donovan), l’autre coloc de Sabrina, a soumis un texte que cette dernière avait écrit, et remporte ainsi la chance de travailler au magazine Scorch. C’est toutefois Sabrina qui aura finalement l’emploi, et nous faisons à ce moment connaissance avec ses collègues de travail Leonard (John Ducey), James (Bumper Robinson) et Cole (Andrew Walker). Sa patronne Annie (Diana Maria Riva) devient alors son antagoniste, puisqu’elle n’aimera jamais Sabrina ni ses articles.

À la réécoute de la série, une des choses qui marque (et n’a aucun sens) est à quel point on ne définit jamais la relation entre Harvey et Sabrina. À de nombreux moments dans les premières saisons, l’un ou l’autre va avoir des rendez-vous avec quelqu’un d’autre et on voit clairement que l’autre est triste. Dans certains épisodes, il est clair qu’ils sont ensemble alors que dans d’autres, de nouveaux personnages font leur apparition qui vont devenir des partenaires amoureux pour l’un ou l’autre. C’est le cas notamment quand Sabrina passe ses vacances sur Mars et rencontre un sorcier, quand Jenny veut avoir une soirée seule avec Harvey ou quand Sabrina travaille à un moulin à rumeurs avec Dashiell (Donald Faison) et qu’ils s’embrassent même après avoir dit que Harvey avait une place spéciale dans sa vie.

Tel que mentionné précédemment, certains personnages sont aussi aisément écartés d’une saison à l’autre sans qu’on n’explique pourquoi. Notons aussi que quelques acteurs sont présents dans plusieurs rôles différents tout au long de la série. À la dernière saison, Sabrina quitte également son emploi sans qu’on nous donne de détails.

L’évolution de Sabrina en tant que sorcière manque aussi de gradation. Alors qu’au départ elle peine à lancer un simple sort, elle les maîtrise rapidement, parfois en regardant dans son livre, parfois en inventant des formules à la volée. Ajoutons à cela le laboratoire de la tante Zelda (Beth Broderick) qui semble aider grandement à préparer des potions de toute sorte alors qu’on n’avait jamais mentionné l’usage de potions avant. Dans la même veine, le magasin d’horlogerie de tante Hilda est lui aussi plutôt utile, quand on réalise que l’horloge grand-père qu’elle possède lui permet de faire revenir des gens dans le royaume des mortels et que chaque épisode devient une nouvelle aventure parallèle à celle de Sabrina.

Parlons-en de la magie d’ailleurs! Sabrina est une série humoristique qui ne se veut pas sérieuse dans sa façon de présenter les choses. En ce sens, il est plus facile de pardonner l’usage abusif des éclats de couleurs en simultané avec les bruits « de magie » pour nous faire comprendre qu’un sort est jeté, ou même de la fumée et des « boum! » quand quelque chose apparaît. Ces éléments sont évidemment mis de côté dans la version de Netflix. Nous apprécierons, tout de même, le choix d’amener plusieurs vedettes et magiciens célèbres dans la série le temps d’un épisode ou plus, notamment Penn & Teller.

Pour bien préparer la fin de la série, le retour de Harvey est un élément intéressant. Alors qu’on répète depuis l’épisode 1 que les mortels ne peuvent pas connaître l’existence des sorciers, Harvey revient très loin dans la série en disant qu’il est au courant du secret des Spellman, et pourtant rien ne lui arrive, mais on va transformer la mère de Sabrina en boule de cire quand elles vont simplement se regarder. Cependant, voir Harvey devenir ami avec Salem et réussir les tests d’une tante rigide de la famille nous offre une belle satisfaction et qui met en place la fin de la série de belle façon, même si, là aussi, on a usé d’une tonne de raccourcis.

Malgré ses non-sens fréquents et le fait qu’elle ne se prenne pas vraiment au sérieux, Sabrina, the Teenage Witch reste une série divertissante. Certains de ses épisodes sont plutôt marquants, même s’il y en a peu. Il est évident que certaines saisons sont mieux construites que les autres. À mon avis, les premières sont plus achevées que les dernières, avec la coupure claire à la rencontre de Josh au café et au début de l’Université. En ce sens, la fin cadre bien avec le reste de la série. Je ne pense pas me replonger dans l’univers de la sorcière adolescente bientôt, mais suis bien contente de lui avoir donné une seconde écoute!

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