Greyhound

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Au cours de la Bataille de l’Atlantique, le convoi HX-25, constitué de 37 navires alliés, fait son chemin des États-Unis vers Liverpool pour soutenir l’effort de guerre. Pour protéger les marchandises, les destroyers USS Keeling, HMS James, ORP Viktor et HMCS Dodge sont affrétés pour permettre le passage à travers le « Trou noir de l’Atlantique », une zone de plusieurs centaines de kilomètres sans protection aérienne où les U-boots allemands ont exercé leur blocus miliaire durant la Seconde Guerre mondiale. C’est le premier de ces navires qui nous intéresse ici, et, surtout son capitaine, Krause (Tom Hanks), qui en est à sa première traversée. En fait, il est aux commandes de son premier navire militaire, lui qui vient tout juste de recevoir la promotion tant attendue après de nombreuses années de service. Il doit guider le convoi à bord du USS Keeling (nom de code : Greyhound) alors qu’il est attaqué par de nombreux submersibles allemands.

Greyhound est d’abord et avant tout un film d’ambiance, qui s’intéresse davantage à livrer des reconstitutions crédibles qu’à rendre le tout intelligible. Les dialogues sont presque exclusivement des numéros de codes ou des procédures à effectuer, qui sont très difficiles à décortiquer mais qui, heureusement, sont bien rendus visuellement. Il y a définitivement un public pour ce type de films « plus vrais que vrais », et si je n’en fais pas partie, je sais tout de même reconnaître le travail derrière ces productions. Il faut à mon avis avoir baigné dans le domaine militaire pour saisir pleinement tous les enjeux des situations, et certaines de ces scènes où les informations fusent de toute part sont parfois trop longues, mais généralement le film est très rythmé et constant du début à la fin. Les quelques ralentissements sont bienvenus, mais l’intensité est toujours au rendez-vous.

J’avoue avoir été choqué d’apprendre que Greyhound ne propose pas une reconstitution d’une vraie expédition militaire (même si le tout s’inscrit dans plusieurs vrais conflits transatlantiques), et plutôt une dramatisation signée C.S. Forester (un auteur américain qui a notamment écrit The African Queen) que Hanks lui-même a transposé au grand écran. Plusieurs connaissent la passion que l’acteur entretient pour les films de guerre (il a produit les séries The Pacific et Band of Brothers en plus d’avoir joué dans Saving Private Ryan, entre autres), et ce film vient confirmer sa parfaite maîtrise du sujet.

En tant que cinéphile peu friand de films de guerre, j’aime habituellement un bon dosage entre scènes d’action spectaculaires et étude de personnages. Si le premier aspect est clairement réussi ici (malgré quelques effets spéciaux à la traîne), le second est particulièrement décevant. On nous présente Krause comme ce vétéran qui n’a jamais eu la chance de prouver sa valeur et qui accomplit au final un exploit militaire important. Par contre, outre quelques scènes plus introspectives où Hanks laisse paraître la sensibilité de Krause, le personnage n’a pas droit à un arc narratif soigné. Je ne sais pas si le roman nous présente cette évolution digne des meilleures histoires hollywoodiennes, mais le film nous en donne bien peu à cet égard, se concentrant plutôt sur l’ambiance certes réussie, mais répétitive à la longue. Heureusement, le tout est concis et tient dans les 90 minutes tapantes, sans tenter d’en faire trop.

L’action omniprésente fait toutefois en sorte de nous engourdir, de nous faire perdre l’intérêt envers n’importe quel personnage, au profit du spectacle. Alors que les historiens pourront peut-être un jour regarder Greyhound pour ses reconstitutions, très peu de cinéphiles pourront y retourner dans l’espoir d’y trouver quelque chose de plus qu’un premier visionnement n’aurait pas permis de percevoir. Avec une histoire triviale qui se résume en une ou deux phrases, il serait facile de critiquer le peu de profondeur de son scénario, mais ce serait passer à côté d’une autre facette importante du cinéma : le divertissement. Et Greyhound possède son lot de moments spectaculaires, pour autant qu’on apprécie ces batailles anonymes et abondantes qui parsèment l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale.

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