Ghostbusters

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Rares sont les comédies à gros budget qui parviennent à s’implanter durablement auprès du public. L’alliage entre le comique et les effets spéciaux est habituellement très difficile à atteindre, puisque le premier requiert une grande part d’improvisation, alors que le second demande habituellement une précision chirurgicale et beaucoup de préparation. Ghostbusters réussit là où d’autres ont échoué à cet égard parce que ses effets ajoutent à l’élément comique et servent proprement le récit. Mais il faut aussi avouer que la clé du succès réside dans son trio principal d’acteurs, tous au sommet de leur popularité à l’époque.

Chassés de l’université où ils dirigeaient un centre de recherches, trois experts en phénomènes paranormaux (Bill Murray, Dan Aykroyd et Harold Ramis) se lancent en affaires, offrant à leurs clients éventuels de les débarrasser des esprits malins qui hantent leurs demeures. Une jeune musicienne, Dana Barrett (Sigourney Weaver), fait appel à eux après avoir eu des visions surprenantes dans son appartement. Il semble que l’immeuble dans lequel elle demeure ait été choisie comme lieu de manifestation par une ancienne divinité sumérienne. Cela entraîne les chasseurs de fantôme dans une lutte titanesque contre fantômes en tout genre.

J’avoue d’entrée de jeu être trop jeune pour avoir vécu la frénésie de cette jeune franchise originale du milieu des années 1980. L’équivalent de Ghostbusters pour ma génération est probablement Men in Black, dont les parallèles entre les deux sont nombreux. Toutefois, j’ai un vague souvenir d’avoir visionné, étant enfant, la série télévisée dérivée, ce qui fait que je n’entrais pas aveuglément dans cet univers fantomatique. J’avais donc déjà vu le petit spectre vert (qui n’occupe pourtant pas une place importante dans ce premier film, à ma grande surprise), et je connaissais la guimauve géante, cet antagoniste ultime des Ghostbusters. Outre ces éléments, je n’étais cependant pas familier avec les personnages, et j’avoue avoir été agréablement surpris.

Rares sont les comédies qui vieillissent bien. L’humour est habituellement quelque chose d’assez ancrée dans le temps présent, ce qui fait que les blagues se transportent moins bien d’une génération à l’autre. Les plus grands admirateurs des comédies sont souvent les gens qui les ont visionné étant jeunes et qui entretiennent une relation sentimentale avec elles. S’il est vrai que je n’ai pas ri beaucoup dans Ghostbusters, j’ai tout de même grandement apprécié mon expérience. On joue évidemment beaucoup sur la persona de Bill Murray, cet homme au flegme légendaire qui lance toujours des vannes sarcastiques du tac au tac, ainsi que sur celle d’Aykroyd, qui interprète souvent un simple d’esprit. Ramis, moins connu comme acteur que comme réalisateur (c’est l’homme derrière Caddyshack, National Lampoon’s Vacation et Groundhog Day), a le look idéal du savant fou (bien qu’il n’en soit pas un ici), et est grandement responsable des nombreux succès comiques des années 1980 et 1990. Ce trio est efficace à l’écran et tout ce qu’ils touchent fonctionne.

La distribution secondaire ne donne pas sa place non plus. Weaver, forte du succès d’Alien, est charismatique à souhait, tout comme Rick Moranis qui ajoute une touche d’humour physique à cette comédie qui met davantage l’accent sur les dialogues. Bien qu’on les perde de vue dans la seconde moitié du film, ils contribuent à une galerie de personnages attachants et sympathiques. Je suis déçu du peu de place qu’on a octroyé à Ernie Hudson, qui joue davantage l’ami noir du groupe qu’un personnage à part entière. Si le rôle se voulait au départ plus développé parce qu’Eddie Murphy était pressenti, on se désole qu’on ait décidé de reléguer à l’arrière-plan son personnage, du moins pour ce premier film.

C’est probablement parce que le film s’inscrit dans l’ère du temps qu’il a été aussi fructueux. Parodiant en quelque sorte la résurgence du cinéma d’horreur à l’époque, sa construction tient beaucoup du jeu vidéo (qui en était à ses premiers pas), et son visuel attirant, ses effets spéciaux somme toute convaincants et son univers complexe mais drôle étaient propices à la vente de produits dérivés, ce qui, on le suppose, a largement contribué à sa postérité.

Ghostbusters est l’exemple d’un film à grand déploiement qui n’a pas été détruit par les ambitions des studios hollywoodiens. Beaucoup d’éléments auraient pu mener à l’insuccès, mais finalement le public a été au rendez-vous, ce qui en fait l’une des comédies les plus rentables de l’histoire. On a fait confiance aux bonnes personnes pour mener à terme ce projet, ce qui fait qu’il s’est inscrit durablement dans la psyché des cinéphiles en tout genre. Qui ne connaît pas de nos jours la fameuse chanson-thème de Ray Parker, Jr., ou encore le logo de l’agence anti-fantôme? C’est le signe d’une recette gagnante d’un film à gros budget qui, pour une fois, n’est pas une adaptation d’une marque bien établie.

Fait partie des 1001 films à voir.

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