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*Attention, si vous n’avez pas vu la série, cet article contient des spoilers.

Fort du succès que la série a connu entre 2010 et 2015, le scénariste de Downton Abbey, Julian Fellowes, nous revient avec un film sorti en 2019. On reprend donc là où la série s’est arrêtée et dès que l’on entend les premières notes du thème de l’émission composé par John Lunn, on retrouve avec bonheur les personnages que la série nous a présentés.

Dans la série, nous suivions les aventures des habitants ainsi que leurs serviteurs du domaine de Downton Abbey, situé en Angleterre, dans les premières décennies du 20e siècle. Dans le film, la famille Crawley, menée par le comte de Grantham (Hugh Bonneville), apprend que le roi George V (Simon Jones) ainsi que la Reine Mary (Geraldine James) s’arrêteront à Downton le temps d’une soirée, lors d’une tournée du Yorkshire. La visite du roi amène alors une longue série de préparations afin que tout soit parfait. Les domestiques sont eux aussi très enthousiastes à l’idée de servir le roi. Par contre, cette visite implique que ses propres domestiques prennent en charge sa visite et empêchent le personnel de Downton d’accomplir toute tâche Une petite révolution se mettra ainsi en branle chez ces derniers afin de prouver leur honneur.

Tout au long du récit, plusieurs intrigues, certaines comiques, d’autres moins, se mêlent à la trame narrative principale. Par exemple, plusieurs objets de la résidence disparaissent mystérieusement, la machine à eau chaude cesse de fonctionner avant l’arrivée du couple royal, Lady Edith (Laura Carmichael) apprend qu’elle est enceinte, une tentative d’assassinat est organisée contre le roi, etc. Bref, le film regorge de plusieurs intrigues ce qui fait que nous ne nous ennuyons pas une minute lors du visionnement.

Comme il s’agit d’une histoire qui met en scène plusieurs personnages, il est difficile de trouver un acteur qui sort vraiment du lot par son jeu. Par contre, la meilleure prestation revient certainement à la légendaire Maggie Smith (la professeure McGonagall dans Harry Potter) qui incarne Lady Violet Crawley, la doyenne de la famille Crawley qui doit faire face aux changements. Bien que vieillissante, on sent toujours un plaisir de jouer chez l’actrice et son personnage est certainement le plus allumé de tous. Vous vous régalerez devant ses répliques toujours bien placées et teintées d’un brin d’ironie. Smith fait partie d’un excellent duo avec sa compagne de jeu, Penelope Wilton, qui incarne Lady Isobel Grey. Dans le film, tout comme dans la série, on semble remarquer que les deux femmes ne s’apprécient guère et semblent toujours en opposition. Par contre, on remarque une très belle complicité entre les deux et elles n’hésitent pas à s’aider mutuellement. Le jeu des actrices vient certainement aider à rendre cela encore plus brillant à l’écran. D’ailleurs, pour les fanatiques de Harry Potter, vous remarquez qu’Imedla Stauton (l’infâme Dolores Ombrage dans le cinquième opus des HP), y tient un petit rôle et que son personnage a une petite scène de confrontation avec celui de Maggie Smith. En la regardant, on ne peut que penser à la fameuse scène dans Harry Potter and the Order of the Phoenix où les deux femmes se confrontent devant toute l’école et cela nous donne des petits frissons d’excitation.

De plus, bien que l’histoire de Downton Abbey se situe en 1927, on met de l’avant des thèmes sociaux, qui oui, existaient à cette époque, mais dont on entendait peu parler. Le personnage de Thomas Barrow (Rob James-Collier) amène beaucoup à l’histoire puisqu’il est homosexuel. À cette époque, l’homosexualité est très taboue et on sent chez Barrow un désir de se dévoiler, mais qui peut entraîner de très lourdes conséquences. Un soir, il décide d’aller dans un bar réservé aux hommes et la police y fait une descente. Tous ceux qui sont présents sont amenés en prison. On met donc de l’avant la difficulté d’être homosexuel au début du siècle précédent. On montre aussi que ce ne sont pas tous les couples qui sont heureux en ménage. Dans le film, il s’agit de la princesse Mary (Kate Phillipps), qui se retrouve prise dans un mariage avec un homme qu’elle n’aime pas. Ses parents, le roi et la reine, ne voulant en aucun cas entacher leur réputation, lui font savoir qu’elle doit prendre sur elle et y rester. La royauté passe ainsi avant le bonheur. Il est intéressant d’aborder ces thèmes dans un récit traitant d’une autre époque.

Finalement, avec ce film, la boucle Downton Abbey est bouclée. On y voit plusieurs personnages qui retrouvent le bonheur après avoir perdu quelqu’un qui leur est cher, notamment Tom (Allen Leech) et Mary (Michelle Dockery) qui sont devenus veufs dans la série. On nous offre aussi plusieurs bonnes scènes avec une petite touche humoristique, ce qui allège beaucoup le tout. Par contre, tout comme dans les dernières saisons de la série, il est possible que vous vous ennuyez du personnage de Matthew (Dan Stevens), mort après trois saisons, qui a grandement contribué aux intrigues. Bref, amateurs de Downton Abbey, vous serez assurément très satisfaits de cette belle fin.

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