Big Daddy

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Sonny Koufax (Adam Sandler) est un fainéant dans la trentaine qui habite avec son ami et colocataire Kevin (Jon Stewart) à New York. Lorsque ce dernier quitte pour aller travailler en Chine, Sonny, éternel adolescent, compte profiter de ses temps libres (et du fait que sa copine Vanessa (Kristy Swanson) l’a largué au même moment) pour végéter seul chez lui. Il ne prend pas très au sérieux son emploi dans un poste de péage, d’autant plus qu’il a récemment reçu $200 000 dollars en dédommagement après qu’un taxi lui a roulé sur le pied.

Il ne s’attend surtout pas à ce que Julian (Cole et Dylan Sprouse), qui serait apparemment l’enfant de Kevin, surgisse sur son porche. Sonny, un peu par vengeance envers Vanessa qui déplore le fait qu’il ne veuille pas passer « à la prochaine étape », décide alors de s’occuper de Julian pendant l’absence de son ami et se fait passer pour celui-ci auprès des services sociaux. S’amorce alors le plus grand défi de Sonny jusqu’à présent. Sera-t-il capable de prendre soin de Julian, alors qu’il peine lui-même à avoir une bonne hygiène de vie? La réponse ne surprendra personne.

Big Daddy est en quelque sorte un fantasme de petit garçon. Qui en effet n’aurait pas aimé pouvoir faire ses propres choix quand il était petit, de changer son nom et de manger tout ce qu’il veut sans restriction? Ce sont ces concepts qu’explore le film, en nous donnant le loisir d’observer comment une telle situation pourrait dégénérer dans la vraie vie. Sonny est en quelque sorte ce jeune oncle ou ce cousin plus âgé chez qui on a pu passer une semaine entière sans supervision parentale quand nous étions petits, et qui avait été à l’époque la plus belle expérience de notre jeune existence. Mais vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vos parents ne vous ont plus jamais fait garder par cette personne par la suite?

Entendons-nous, Sonny a de bonnes intentions. Il veut que Julian, dont la mère est morte et dont le père ne connait même pas son existence, puisse avoir ne serait-ce qu’un bref moment de réjouissance dans son enfance déjà tumultueuse. Il le laisse donc faire tout ce qu’il veut, mais avouons aussi que Sonny semble incapable d’imposer toute forme d’autorité que ce soit. Il se dit qu’en laissant faire l’enfant ce qu’il veut, cela lui donnera moins de responsabilités et plus de liberté. Il devient donc en quelque sorte l’exemple typique du parent à qui les services sociaux tentent justement de retirer la garde de leurs enfants. Si le tout fonctionne quand même dans la fiction, on peine à vraiment être empathique lorsqu’il perd la garde de Julian, puisque c’est ce que toute personne saine d’esprit ferait.

Ce qui vient ensuite est donc aussi peu étonnant que maladroit. La conclusion du récit, où Sonny doit faire face à la justice après avoir faussement prétendu être le père de Julian, est l’archétype des finales hollywoodiennes. Tous les personnages qu’on a rencontrés au cours du film s’y retrouvent, incluant un itinérant (Steve Buscemi), le père de Sonny (Joseph Bologna), et ses amis, heureusement tous avocats! Comme si ce n’était pas suffisant, la culmination du procès survient quand son père, qui a toujours méprisé les choix de vie de son fils, est celui qui interroge finalement Sonny devant la cour, ce qui donne évidemment beaucoup de valeur à son témoignage, car il parvient à conquérir le cœur de son père! Meh…

Heureusement, les multiples scènes où on ne peut, en tant que public, s’empêcher d’être découragés des agissements de Sonny ou de Julian fonctionnent assez bien. Sonny qui se sert de papier journal comme essuie-tout, la course effrénée pour un déjeuner chez McDonald’s avant 11h00 et le plaisir que les deux prennent à faire trébucher des patineurs à Central Park sont tous des moments assez comiques, quoique rarement hilarants. J’ai trouvé que le film nous présentait assez bien comment l’un comme l’autre peuvent être agaçants, et donc parfois on prendra le parti de Julian ou de Sonny selon la situation. Par contre, c’est au niveau de la relation amoureuse entre ce dernier et Layla (Joey Lauren Adams) que le bât blesse. Elle se développe sur des bases plus que poreuses (alors que Sonny s’attire sa sympathie en utilisant Julian), et plus elle évolue, moins elle est crédible. Le tout culmine dans cette fameuse finale, où elle abandonne un procès important à Washington pour venir l’aider dans son propre cas contre les services sociaux. Une femme aussi rangée et posée que Layla ne se retrouverait à mon avis jamais avec un éternel adolescent comme Sonny.

Big Daddy, qui s’est avéré être le plus grand succès commercial de la carrière de Sandler (si l’on exclue Hotel Transylvania), fera connaître le comique de par le monde et l’établira comme l’un des acteurs les plus rentables. Le film possède en effet tous les atouts d’une bonne production hollywoodienne, tout en consacrant le personnage de gars ordinaire que Sandler jouera à de nombreuses reprises par la suite. Je trouve toutefois qu’il manque de profondeur en comparaison à certains autres de ses films, notamment Mr. Deeds et 50 First Dates. Il s’avère quand même un bon divertissement, pour autant qu’on le prenne comme un fantasme et non comme un modèle de parentalité.

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