Bad Santa

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Dans le vaste univers des films de Noël, les thématiques sont sensiblement les mêmes. Les histoires d’amour sont plus souvent qu’autrement prévisibles et faciles, les scénarios sont parfois peu développés et les personnages principaux sont régulièrement des enfants ou alors des adultes qui vivent des moments importants d’épiphanie à l’aube de LA fête familiale par excellence. Bien sûr, plusieurs films font exception à ces règles, mais si l’on oublie le sous-genre des films d’horreur de Noël, il faut avouer que les récits qui cassent les codes établis du genre sont plutôt rares. Quel bonheur, donc, de découvrir Bad Santa, assurément différent et qui ne s’adresse pas du tout aux enfants.

Willie (Billy Bob Thornton) est un Père Noël pour le moins atypique qui profite de la période des Fêtes dans les magasins pour les dérober avec son partenaire Marcus (Tony Cox), un nain, coïncidence fortuite pour qu’il remplisse son rôle d’elfe. De ville en ville, chaque année, le duo se fait engager par les centres commerciaux et s’y introduit la veille de Noël après que le système d’alarme est mis pour le congé du lendemain. La dernière fois, Willie s’est juré de ne pas refaire le coup l’année suivante. Un appel de son partenaire viendra changer son ambition cependant, et les deux iront s’installer à Phoenix. Willie fait rapidement la connaissance de Sue (Lauren Graham), une barmaid qui entretient depuis l’enfance un fantasme concernant le Père Noël, et Thurman Merman (Brett Kelly), un jeune garçon rejeté par les enfants de son âge qui habite seul avec sa grand-mère. N’ayant pas d’endroit où résider, Willie imposera sa présence chez Thurman au grand plaisir de celui-ci, qui voit en son nouveau colocataire le vrai Père Noël.

Lorsqu’on a accepté que le film ne ressemble en rien aux nombreux autres qui se concentrent autour de Noël, Bad Santa surprend par le cynisme de son personnage principal, en opposition à l’enthousiasme sans borne de son jeune compagnon. Peut-être en raison de l’héritage des films festifs, on s’attend à ce que Willie évolue tout au long du film et qu’il devienne une bonne personne… mais ce n’est malheureusement pas tout à fait ce qui nous est donné ici. En fait, le qualificatif « bad » vient davantage du fait que Willie jure sans arrêt, se livre à des séances de sexe dans les cabines d’essayage du magasin, boit sur son lieu de travail et ne fait jamais l’effort de croire en son personnage, malgré son auditoire crédule. Les vols à répétition et l’entrée forcée chez Thurman sont relégués au second plan pour mettre de l’avant un homme définitivement blasé, pas près de changer.

Certes, l’idée est bienvenue, et qui de mieux que Thornton pour rendre un personnage de ce genre? Mais on pourra avoir du mal à trouver le charme du récit, non pas parce qu’il est atypique ou ne met pas de valeurs traditionnelles à l’avant, mais surtout parce qu’on ne voit pas le but de cette aventure, et les situations ne sont pas attachantes. Thurman Merman, qui est déjà affublé d’un nom ridicule, nous est présenté avec du mucus très apparent sous le nez et un caleçon qui dépasse de son short pour s’arrêter au milieu de son ventre. On comprend rapidement le genre de personnage qu’il est, mais il sera tout de même triste de le voir entretenir ses illusions face à Willie tout en étant la cible des autres garçons. À cet effet, la scène où le Père Noël lui apprend à se battre dans un ring est probablement la plus satisfaisante, mais ces quelques coups droits ne changeront rien chez le jeune naïf, et il faudra que Willie vienne à sa rescousse à un moment. On pourrait penser qu’il s’est pris d’affection pour Thurman, mais donner une raclée aux adolescents relève probablement davantage de sa personnalité que de l’envie de faire justice à son hôte. D’ailleurs, Willie n’est pas particulièrement gentil avec le jeune non plus. Sans le persécuter, il sera très froid avec lui et tentera de briser ses illusions, sans succès puisque le jeune semble être trop niais pour que ça réussisse.

À eux s’ajoutent le gardien de sécurité du centre commercial (Bernie Mac) qui aura le duo de voleurs dans sa mire rapidement en les observant agir bizarrement sur les caméras, et le gérant (John Ritter) qui tente de se convaincre que Willie et Marcus font du bon travail mais qui sera constamment confronté dans ses valeurs. La présence de Sue, seul personnage qui pourrait faire la différence pour Willie, ne nous donnera pas satisfaction puisque cette dernière ne sera rien d’autre qu’une partenaire avec qui il boira, prendra des spas et fera l’amour, le tout sous le regard aveugle de la grand-mère chez qui il loge.

Malgré sa volonté de présenter quelque chose de différent (ce qu’il réussit, il faut l’avouer), Bad Santa déçoit dans son manque de profondeur, ses personnages sans morale et sa trop grande naïveté. Si on craint que le film cède à un dénouement facile et traditionnel, on ne sera pas déçu de la tournure des événements, mais il faut tout de même concéder que la finale manque encore une fois d’éclat, dans un récit qui a de la difficulté à trouver ses leçons.

Bad Santa pourra donc être soit un film qui nous fait rire aux éclats, soit un qui nous fera rouler des yeux. La perception que l’on se fait des situations présentées est ce qui viendra teinter notre jugement d’un côté ou de l’autre. Pour faire changement, il demeure une bonne option, mais il ne faut pas s’attendre à quelque chose qui a du sens ou qui glorifie un mode de vie, que celui-ci soit bon ou mauvais.

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